Prix relatifs : apprendre à estimer les valeurs

Bonjour junistes,

Je crée un nouveau topic car les discussions à ce propos (les valeurs) sont de plus en plus nombreuses. J’ai rebondi par exemple dans « le DU, plus qu’un revenu universel? » et « qu’est-ce qu’un prix libre pour vous », et suivi d’autres fils dans ce registre comme « plaidoyer pour une June raisonnablement forte », ou précédemment « Etablir les prix en G1 no », « Lien au temps ». Je voulais donc aborder la question sous un autre angle.

Je suis toujours intrigué qu’il y ait plus de discussions sur la valeur de la June que de réflexions sur un apprentissage collectif à estimer toutes les valeurs (biens et services) de façon relative, grâce au DU. Le DU est conçu pour nous donner cette unité de valeur, unité de compte, unité de mesure, invariante, dans ce champ de l’économie on ne peut plus relativiste (autant de référentiels que d’individus, ce que confirme d’ailleurs tous les débats). Tant qu’on compte en euros, quelle que soit d’ailleurs la conversion « choisie », question qui génère tant d’émoi mais qui pourtant me semble n’être qu’une fausse question, on continue d’évoluer dans une échelle de valeurs déterminée par les banques et les états. En un mot, on renonce à changer quoi que ce soit dans les échelles de valeurs, donc à l’économie telle qu’elle est. Je lance donc cette réflexion et commence par l’expérimentation.

J’ai annoncé que j’allais tester au prochain Ğmarché local, la fixation de « prix relatifs ». Pour partager avec vous cette expérience. Il a lieu ce we, donc voici pour commencer mes petits calculs et mes raisonnements.

Les biais de genèse sont énormes :

  1. Production de valeurs ; totalement anecdotique.
  2. Réflexion relativiste ; très rare.
  3. Mimétisme des ordres de grandeurs vécus ; même chez ceux qui veulent évacuer la pensée eurosienne.
  4. Émotions vives ou postures idéologiques autour du terme « libre » ; qui font passer les joutes rhétoriques devant les réflexions structurantes.
  5. Engagement collectif marginal ; beaucoup de rencontres pour le plaisir, tant mieux, beaucoup moins pour « bosser », dommage :wink:
  6. Disparités « régionales » et « individuelles » de M ; qui génèrent du ressentiment, de la frustration et des incompréhensions.
  7. Variation de N disproportionnée ; dont la croissance dépasse relativement celle de M et nous tient encore loin d’une dite « monnaie pleine ».
    Il y en a fatalement d’autres, je commence par ceux-là qui me semblent les plus prégnants.

Je me suis dit qu’il me fallait commencer par définir une sorte de « mire » qui aurait dépassé ces biais, comme un cap référentiel. Cette mire sera fatalement approximative et même arbitraire, mais elle me servira de référentiel ajustable. Je calcule alors un prix, évidemment en DU, dans le cadre de cette mire. Puis je cherche des coefficients pour intégrer les biais.

Je vise des calculs qui puissent être simples, faisables par tous. Plus encore pour les coefficients, il doivent être faisables de tête (idéalement), et a priori, être appliqués de la même façon aux majorations et aux minorations, de la même façon à la vente et à l’achat. Des calculs qui puissent donc être répliqués et étendus à d’autres produits (sans chercher une vaine exhaustivité non plus ;-).

a. un prix de référence relativiste.
b. des coefficients relativistes correcteurs de biais.

Quels calculs relativistes puis-je faire pour mon prix de référence ?

Raisonnement relatif à la masse monétaire et à la population ?
Je prends comme mire une moyenne de convergence à 3.750 DU (3.743) et une population de 45.000 habitants, population du périmètre de ma vallée que je sillonne régulièrement, mon bassin de vie. Soit 170 M.DU (168,75).
Je visualise 25 membres et 20 portefeuilles (soustraction faite des portefeuilles d’activité) sur la carte dans ce périmètre, en déduit 50 membres puisque seule une moitié (54%) se localise globalement à ce jour, soit 0,11% du potentiel N.
Moyenne réelle actuelle à 730+ DU, je retiens 20% (19,4) du potentiel monétaire M, comme variable. Localement, les plus gros montants plafonnent à 600 DU, j’estime approximativement la moyenne à moins de 100 DU. Soit Mlocale à 5.000 DU (/4,8M, soit 0,1%). Vallée - monétairement - trèès pauvre :wink:

Premier constat, je n’ai pas les données requises, pas suffisamment. Je ne peux finalement que supputer, ça ne joue pas, je ne peux pas reposer sur un raisonnement fiable, encore moins sur des calculs viables. Je suis ravi du topic qui commence à lister les chiffres clés (passé dans le forum duniter), et de l’initiative de francoislibre dans ce registre (je vais peut-être à cette occasion me décider à créer un compte sur ce forum pour contribuer à ce sujet des données extraites, même si je m’y sens surtout illégitime).
NOTA : Je financerai avec grand intérêt les devs qui voudront bien coder un outil qui permette de « jouer » avec ces données, en traçant une ellipse sur la carte par exemple. Et je me mobiliserai pour la conception et les tests d’une telle appli, une sorte de « PriceWizard », car elle sera nécessaire pour aider chacun à calculer ses prix relatifs.

Raisonnement relatif la production de valeurs et à la couverture des besoins ?
Plus difficile encore, estimer les valeurs produites, ou plus largement les valeurs échangées. Cela nécessiterait de la même façon une extraction de données depuis les transactions, pour constituer des indicateurs significatifs.
En attendant, je ne peux faire que quelques extrapolations macro. Il y a un fil de discussion qui parle beaucoup de la question de la circulation de la monnaie. La vidéo « sans jargon » illustre également cette propriété. Sans la désigner, les raisonnements font référence à l’équation économique sans doute la plus simple et souvent « ignorée » par les économistes, l’équation de Fischer : E = Q x V. Si l’on « circonscrit » l’économie aux transactions ayant lieu, on peut la rapprocher d’une notion de PIB et on constate dans notre zone éco euros, que celui-ci a le même ordre de grandeur que la masse monétaire. Ce qui signifie que la monnaie ne « circulerait qu’une fois », V proche de 1, donc E proche de Q.
Attention : ceci a lieu dans le référentiel euro. Ce n’est qu’une parenthèse liée à une réflexion macro.
Ce référentiel euro, que l’on vit, génère 3 gros biais :
. toute une économie non chiffrée ; souvent évaluée à la même hauteur (trafics illégaux + black + économie du don et du bénévolat + économie « familiale »).
. une tendance exacerbée au stockage, dite épargne, liée à la menace permanente de la pénurie monétaire.
. un drainage monétaire exorbitant sur des places de marchés hors sol, donc une masse monétaire qui lévite au-dessus de l’économie réelle.

Revenons à nos moutons, le code monétaire de la TRM aura une tendance à minimiser ces 3 dynamiques qui auront mécaniquement moins ou pas lieu d’être. J’aimerais évaluer l’économie June annuelle à 2Q, mais le biais de la pénurie de valeurs produites étant prédominant, je pars de l’hypothèse - très optimiste - d’une économie à 5.000 DU dans notre vallée.
Donc très schématiquement, si l’on suppose une économie « pleine » couvrant alors tous les besoins de la vallée avec 170 MDU, aujourd’hui notre économie ne peut couvrir que 0,0029% de nos besoins. C’est pour ainsi dire, epsilon.

Deuxième constat réaliste, on ne peut à cette heure retenir aucun raisonnement économique pour estimer et calculer des prix. Avoir une approche économique dans ce contexte, à ce stade, ce serait comme vouloir expliquer les courants de pensées idéalistes et conséquentialistes, ou encore les contrats sociaux de Rousseau et Hobbes, à un nourrisson. La June n’est pas un embryon, elle est née, mais elle n’est pas non plus une enfant que l’on cherche déjà à orienter, ou guider.
On ne peut que l’aimer et la nourrir :wink:

Je note qu’il me faudrait trouver un moyen simple et non intrusif de mesurer les valeurs échangées effectivement, dans mon bassin de vie, en tant que premier critère observable relativiste.
. Estimation quantitative des valeurs alimentaires.
. Estimation des valeurs objets (vide grenier, troc, Gchange, artisanat, …).
. Estimation des valeurs services (soins, hébergements (moins les touristiques = 0?), bricolage, devs, …).
NOTA : je n’ai pas trouvé à ce jour, en dehors du dev de la plate-forme duniter elle-même, des logiciels utilisateurs comme cesium, et de tous les add-on (dont les applis d’éconolibre), de démarche collective d’investissement sur un outil de production de valeur. Il y a par exemple l’intéressante démarche de Cécile pour l’acquisition de ruches destinées à une distribution de miel dans l’économie June, mais elle reste individuelle, et l’investissement a toujours lieu dans un référentiel euro. Donc si un tel investissement émerge, dîtes-le moi, je viendrai vous rendre visite aussitôt pour voir ça de plus près :wink:

Je ne peux pas non plus me référer à un positionnement classique de prix de vente en calculant le prix de revient et en appliquant une marge commerciale, ou bien en misant sur un positionnement marketing d’exclusivité (comme le luxe) ; puisque je n’ai aucun marketing - ouf - à ce jour dans mon économie juniste, et je n’ai pas non plus de prix de revient juniste.
Je garde en tête les expériences extrêmement intéressantes de certaines communautés, notamment d’Eco-si-nuestra. Ces expériences ont le mérite de chercher et expérimenter à une échelle plus systémique qu’individuelle. Mais pour l’instant elles reposent sur des mesures de registre politique (ton DU t’engage à 2h de contribution communautaire, puis une heure vaut 1/2DU pour tous, et 1DU=5.000 kcalories et tu as « droit » à 20.000 kcalories jour tout compris, etc…), donc arbitraires et viables seulement dans un contexte « pseudo isolé ». D’ailleurs, la collusion troublante de leur approche avec celle du bassin toulousain pendant l’université d’été était symptomatique de cette limite systémique. Cette expérience est malgré tout une des plus abouties et « belles » que j’ai identifiées, certains prétendent couvrir 25% de leur besoin au sein de cette économie June ! En revanche cette approche politique communautaire me semble trop restrictive et localisée, trop arbitraire, je cherche autre chose, plus souple et extensible ; sans gouvernance qui tend à imposer sa morale « universelle » aux autres.

De ce fait, je retiens qu’à cette heure pour ma recherche d’un prix de référence, je ne peux me fier qu’à une estimation intuitive, liée aux échanges effectifs qui ont eu lieu sur nos Ğmarchés et nos divers Ğpetits apéros.

Production et vente de 2 produits alimentaires (facile à vendre) :
. confiture de mirabelle : pots de 100g (fruits de la nature + sucre + pot + W jardinier + W cuisine + gaz).
. gâteau magique : à la part (farine + lait + sucre + W cuisine + gaz).
Je peux trouver les fruits dans mon jardin ; je peux trouver de la farine et des œufs sur nos Ğmarchés et utiliser la magique médiane pour avoir une référence de prix de marché ; je ne peux pas encore trouver le sucre ni le lait ; je peux estimer la valeur de mon travail de jardinier et de cuisine, et de mon travail de vendeur, c’est ce qui est le plus accessible ; à l’opposé, le plus difficile est d’envisager le gaz dans mon économie juniste (l’énergie requiert donc une toute autre réflexion, mais ce n’est pas le sujet de ce topic ;-).

Je développerai ces calculs plus tard, avec plus de matière collectée, et parce que je décide de fixer un prix de référence intuitif, compte tenu des pratiques - très disparates et surtout ludiques - que j’ai pu observer. Je le positionne donc directement par rapport à ce que je peux obtenir en échange. Par exemple quelle est la valeur de mon pot de confiture par rapport à celle d’un pain ? Cette estimation relative n’appartient qu’à moi, je n’ai pas besoin de la partager ; heureusement car chacun définit son échelle de valeur comme il l’entend. Tout le propos est là. Il faut juste que les dynamiques de prix et les « négociations » que ces dynamiques permettent, aboutissent à un résultat satisfaisant pour moi et pour l’autre.

Quel coefficient relativiste vais-je donc appliquer ? A quel biais je vais m’attaquer ?

A cette heure, le plus intéressant, à la fois prégnant et accessible, car faisable par tous, c’est celui de la disparité des masses monétaires. Non pas les DUs collectés par les activités de tout un chacun, surtout pas (ce serait rentrer dans le jugement de valeur moral), mais les DUs produits. Il y a les anciens et les nouveaux. Le code monétaire de la TRM a attribué la création de 2.000 fois plus de DU au bloc Zéro qu’à celui qui commence aujourd’hui. Ce décalage est humainement celui qui fait le plus de dégâts dans les réflexions et les pratiques, celui qui génère le plus de postures et de ressentiment. C’est normal, il contredit les promesses d’équité, or à nouveau, il n’est qu’un biais de genèse.

Comme je l’ai déjà exprimé, les autres biais sont difficilement traitables pour l’heure, j’y reviendrai donc plus tard.

Je vais donc tester un coefficient relatif à l’ancienneté. Donnée publique très facile à obtenir et à comprendre par tous.

Je vais majorer le prix pour les plus anciens que moi, je vais minorer le prix pour les plus récents que moi, et bien sûr pour ceux qui ne sont pas encore certifiés (ce qui impose la valeur 0 dans l’échelle de l’ancienneté).

Intuitivement j’ai cherché une échelle logarithmique pour établir cette échelle. Cela m’a posé 2 problèmes, je ne maîtrise pas suffisamment les maths pour arriver à un résultat probant dans toutes les simulations (je vais avoir besoin de plus de temps et/ou d’aide) ; et cela implique potentiellement de devoir expliquer une échelle logarithmique en vendant un pot de confiture, pas sûr que ce soit le lieu approprié ;-).

Je choisis donc un calcul plus simple sur le rapport d’ancienneté acheteur / vendeur [RA]. Une différence est moins satisfaisante car elle est immuable, si j’ai 30 mois de décalage avec un(e) autre, ils demeurent ad vitam. Le rapport lui, s’amenuise au cours du temps qui passe (même principe que pour un DU ajouté chaque jour). Je ne peux pas non plus descendre à zéro dans mon prix de vente pour un non certifié.
J’ai donc 2 variables à décider, le prix de référence [PRef.] intuitif, qui devient celui que je souhaite recevoir avec les acheteurs qui ont la même ancienneté, et un taux plancher [TPl.] qui correspond à la réduction maximum que je suis prêt à faire pour les non certifiés (ancienneté zéro).

Voici pour l’instant ma formule « martyre » (celle qui a la vocation d’être martyrisée, et surtout améliorée, pour arriver à une adoption significative) :

PVente = PRef. x (1-TPl.) + PRef. x TPl. x RA

Bien sûr, cela m’oblige à imprimer ma petite grille des anciennetés, en guise de tarification. C’est raté pour le calcul mental, et je n’ai pas encore mon « PriceWizard » dans Cesium ou Gecko. Mais c’est une expérimentation, et comme je tiens un « guichet des questions » au marché en plus de vendre mes confitures et mes gâteaux magiques, j’aurai mon ordi sous la main, donc tout va bien. Les autres vendeurs pourront aussi jouer avec cette formule :wink:

Les vertus immédiates : cela me permet de descendre le prix de ref. car je sais qu’il y aura majoration pour les anciens, qui pratiquent des prix théoriquement démesurés, du fait de la pénurie de valeurs produites et de l’absence de référentiel économique relativiste.
Je peux utiliser la grille dans les deux sens, c’est-à-dire également lorsque j’achète, si le vendeur est d’accord pour pratiquer un coefficient relatif à l’ancienneté. Avec cette pratique à double sens, je retombe sur mes pattes tout en affichant des prix de vente référence plus bas que ce qui se pratique spontanément. Les échanges entre « pauvres » évoluent dans des prix bas, les échanges entre « riches » évoluent dans des prix hauts, et dès qu’il y a une asymétrie, la dynamique rétablit des équilibres.

Illustration : le noyau de démarrage dans la vallée, a 9 mois d’ancienneté. Je considère l’hypothèse d’un vendeur de pain à 9 mois qui pratique des prix variables mais dont le prix de référence tend manifestement vers 4 DU. Un acheteur à 2 mois trouve ce prix trop élevé, au point de ne pas pouvoir acheter. Un vendeur de confiture à 2 mois, voudrait recevoir de sa part un montant au moins équivalent au pain, sinon un chouia plus, pour pouvoir échanger.

1er réflexe intuitif : PVente = 4 DU, voire 4,25 DU. Tendance irrésistible qui tire tout le marché à la hausse.
L’application du coeff. relatif à l’ancienneté donne un PRef. = 2 DU. Le vendeur divise ainsi par 2 et tire le marché à la baisse, tout en le rendant accessible immédiatement aux « pauvres ». Il vendra sa confiture à l’acheteur de 9 mois d’ancienneté à 3,75 DU, et achètera le pain - si le vendeur accepte le prix relatif à l’ancienneté et décide par exemple une réduction de 25% pour les non certifiés - à 3,22 DU. Hop, deal.
RQ : les vendeurs peuvent aller aussi loin qu’ils veulent dans le taux plancher pour les non certifiés, cela n’a pas d’impact pour la vente aux anciens (seulement pour les plus récents). Le vendeur de confiture peut pratiquer 75% au lieu des 25% du vendeur de pain. Le deal précédent demeure, mais le vendeur de confiture peut vendre aux non certifiés à 0,5DU (au lieu de 1,5DU).
RQ2 : si un « bloc zéro » - ancienneté maximum - débarque sur le marché, il achètera alors la confiture à 18,25 DU. Déconnant ? en fait non. Il en a largement les moyens. Et on a « tous » vu un pot de confiture emblématique acheté à près de 30 DU (28,5) par notre géniteur monétaire préféré lui-même. L’ancien peut même être heureux, selon son éthique propre, de contribuer à l’alimentation monétaire d’un marché souffrant de pauvreté monétaire. Le vendeur de pain à 9 mois lui, vendra à 10,44DU, ce qui montre l’effet du coefficient qui s’amenuise avec le temps qui passe.
Dans les deux cas, la présence d’un ancien n’est plus ressentie comme une potentielle prédation, mais plutôt comme une aubaine pour augmenter davantage le Taux plancher, et rendre le marché encore plus accessible aux « démunis ». A l’opposé de certains vendeurs MLeT qui pratiquent une défiance et un rationnement discriminatoire vis-à-vis de ceux qui ne se soumettent pas au dogme 1Ğ1=1€ (« tu es riche ? je ne te vends qu’une seule fois, et j’aimerais encore mieux ne rien te vendre du tout mais je ne saurais pas comment justifier ça ». Le rationnement, la privation, est un acte qui évolue dans un référentiel de situation de guerre ; chacun, avec un état d’esprit qui lui appartient, fait les choix qui lui semble opportuns).

Je valide donc ces simulations et conserve cette formule pour ma première expérimentation.

Côté interaction, je vais tester plusieurs petits protocoles pour m’amuser, je vous raconterai ça pour vous restituer le vécu de cette expérimentation.

NOTA : toutes les bonnes âmes mathématiciennes ou logiciennes sont extrêmement bienvenues pour penser avec moi des indicateurs économiques relativistes et des coefficients correcteurs de biais contextuels, pour apprendre collectivement et progressivement à estimer les valeurs.

A bientôt
Yvv

4 « J'aime »

je répondrais que tu peux prendre le D.u(an) et en déduire n’ importe quelle economie à n’ importe quelle échelle hors unL sinon tu risques de t’ enliser dans l’ induction càd définir des règles générales à partir de cas particuliers; aucune raison par exemple de compter des consommateurs non-membre dans un tel referentiel D.u

pour l’ instant 1Ğ1 = o,o9D.u(jour)

Il va falloir que je prenne le temps de bien lire et comprendre ta publication qui me paraît partir sur de très bonnes bases.

De prime abord j’ai l’impression qu’on peut la résumer par : « plus on parle de prix, moins on comprend la création monétaire ».

C’est modestement toute mon ambition quand je parle de la monnaie libre : permettre la compréhension de cette création. Et ce n’est pas une mince affaire, car moi le premier, nous avons des formatages idéologiques qui nous empêchent

Je vois ce que tu veux dire, je crois, plutôt d’accord… mais je ne fait ni l’un ni l’autre (induction pour mesurer l’économie et compter les portefeuilles non créateurs de monnaie) ; tu as dû lire trop vite.

1 « J'aime »

oui désolé c’est effectivement un pavé. Je ferai plus court la prochaine fois :wink:

Pour moi c’est quand on parle de la « valeur de la June » que je trouve un biais de compréhension. En revanche parler de prix, c’est réfléchir à l’estimation des valeurs elles-mêmes, et utiliser le DU pour les mesurer (et bien sûr les échanger). C’est un sujet à part entière, qui nécessite justement une bonne compréhension du DU et du référentiel relativiste. Cela prend du temps pour tout le monde, je te rejoins la-dessus ; j’imagine même qu’il nous faudra une génération pour une réelle acquisition culturelle. Mais c’est aussi un pouvoir que le DU nous donne.

Estimer les valeurs, donc placer les choses les unes par rapport aux autres sur une échelle de valeurs, et utiliser le DU pour mesurer ça dans les asymétries de nos échelles respectives, est donc - selon moi - un sujet clé. Or s’il fallait résumer ce processus en un mot, je dirais que dans le référentiel de la TRM, c’est celui de définir des prix - sans fatalement les « fixer » d’ailleurs, soit dit en passant, d’où l’idée de prix relatifs :wink:

3 « J'aime »

+1 @Yvv

C’est une bonne démarche que d’expérimenter un prix basé sur le pouvoir d’achat. Au moins la liberté de fixer le prix, obligatoire dans une monnaie libre, par la TRM, prend toute sa place. Bravo @Yvv pour l’initiative!

1 « J'aime »

Je te remercie kalimheros.

Alors puisque tu approuves, je précise que ce n’est pas tant « basé sur le pouvoir d’achat », c’est plutôt relativement à l’ancienneté à la création monétaire, que je fais un coef.
Le pouvoir d’achat serait lié au contenu de ton portefeuille, qui peut être lié à tes activités. Elles t’appartiennent, tant mieux pour toi et pour les autres, si tu apportes beaucoup de valeurs qui se transforment en monnaie, c’est que tes valeurs produites en ont une, pour un maximum de personnes. En tout cas je m’empêche tant que je le peux, de juger ton portefeuille, tes valeurs, ta valeur, et donc concevoir un coeff. à partir de cette variable, aléatoire et - très - ambiguë.
Mais la quantité monétaire que tu crées, elle, n’est pas liée à une valeur, juste à un calcul et une circonstance d’ancienneté. De ce fait, je me permets d’y appliquer un coeff dans un échange.

Seconde nuance : ici je ne « fixe » plus un prix, puisqu’il ne l’est plus (fixe). Il devient relatif. Il s’agit plutôt de définir un prix, ou peut-être « fixer » une grille tarifaire relative à l’ancienneté. Puis potentiellement relative à d’autres variables qui s’avéreront opportunes. Ce n’est pas une nuance juste pour le plaisir de jouer sur les mots, c’est pour moi une nuance qui change la donne, la structure…
L’image qui me vient est celle d’une barre fixe, ou un point fixe (bitmap), qui devient tout à coup un « vecteur » :
. une direction, un axe : celui de l’échelle des valeurs dans l’échange qui a lieu ;
. une origine, point de repère : le « prix de référence », le Pref, sa préférence face à la même ancienneté ;
. un sens : d’un côté de l’origine on augmente, dans l’autre sens on diminue ;
. une intensité : le coeff, dont j’essaie de trouver une « bonne formule ».

RQ : probablement arrivera le moment de chercher une « bonne formule » pour aider chacun à estimer un prix de référence, autrement que par la sensation empirique et l’intuition. Mais je ne sais même pas à cette heure, si c’est souhaitable, désirable. Ce que je sais c’est qu’on n’en a pas encore les données et les outils pour le faire. Donc pour poser un chiffre sur un prix de ref., l’intuition est ce que nous avons de plus viable à ce jour. Et je crois que chercher à corriger les biais contextuels, avec l’aide des maths qui sont nos amies, améliorera la qualité de nos intuitions.

J’espère que je ne t’ai pas « perdu » avec ces précisions.

3 « J'aime »

@Yvv : Quelles conclusions tirer après le test en gmarché?

Je passe une semaine avec Axiom, je vous restitue ça tranquillement plus tard. Première expérience plutôt positive en tout cas, je vais poursuivre cette expérience :wink:
A bientôt

3 « J'aime »

merci @Yvv pour ce topic que je trouve intéressant, par contre je me pause une question.
Pourquoi fixer le prix uniquement par rapport as l’ancienneté et pas la combinaison ancienneté et capital ( même si j’ai bien compris qu’en june il y as pas réellement d’intérêt as capitalisé, c’est plus le contraire même) ? En gros je me dit que un ancien qui fait en sorte de faire circuler au maximum risque de pas avoir bcp de capacité d’achat as contrario d’une personne qui débute et aurait peut-être tendance as « épargné » de par sa jeunesse dans le système.

La combinaison des deux coefficient pourrait permettre de lisser ce genre de cas et favoriser une équité. Qu’en penses-tu ?

Je rebondis à la phrase de @BSamuel. Les G1 en question, qu’ils restent sur le compte 1 ou qu’ils aillent sur un compte 2, ils restent dans le système. Je ne vois pas du tout de différence.

Salut Samuel,
Avec plaisir pour une petite discut en direct. [->mp]

En attendant je réponds tout de même à ta question.

le propos du coeff relatif à l’ancienneté est de corriger seulement par les échanges, dans les échanges, le biais de genèse qui crée des frustrations et des ressentiments.
En aucun cas il ne s’agit de faire d’ingérence dans la façon de chacun de gérer son portefeuille. Il n’y a pas lieu d’avoir le moindre jugement de valeur sur les comportements de l’autre.

RQ : si un ancien, qui a donc créé beaucoup de DU n’a plus de monnaie, c’est qu’il a dépensé sa création monétaire et qu’il n’a pas en contrepartie produit de valeur pour en gagner. Donc l’argument n’en est pas vraiment un. Mais encore une fois, ça le regarde. Mon coeff n’est là que pour rééquilibrer une situation mathématique qui privilégie les anciens aux nouveaux.
NOTA : ce coeff ne sera plus utile pour la prochaine génération, il ne l’est que pour la genèse actuelle.

Puisque tu « es » codeur, je t’invite à faire les modules Galilée et Leibnitz pour totalement saisir le comportement mathématique de la monnaie libre, notamment la symétrie temporelle dans le premier et la symétrie spatiale dans le second.

1 « J'aime »

Je crois que je n’ai pas compris la question… :woozy_face:

1 « J'aime »

@Yvv : La question à laquelle @BSamuel répond est:

Avez-vous bien compris qu’en june il y n’y a pas réellement d’intérêt à capitaliser? Que c’est plus le contraire, même?

ha gracie, ho capito. :smiley:

Alors le terme « capitaliser » est pour moi un peu ambigu. Capitaliser n’est pas un mal en soi, il permet par exemple, d’alimenter dans la durée. Un troupeau pouvait faire vivre une tribu pendant longtemps, c’était son « capital » (dixit le nombre de têtes). :sunglasses:

Je comprends que l’intérêt désigné, qui effectivement n’a plus lieu d’être avec la monnaie libre, c’est accumuler de la « richesse » monétaire encore et encore, toujours plus. C’est la vertu de la « convergence à la moyenne ». Dès qu’un compte au dessus de la moyenne dort, il perd de sa valeur relative, et finit par stagner à la moyenne. :woozy_face:

Au passage on peut mieux saisir à quel point la fonction monétaire du DU en tant qu’« unité de mesure » prend de l’importance, grâce à son invariance relative. Et inversement on peut voir que c’est la fonction « réserve de valeurs » qui diminue, grâce à sa limitation mathématique naturelle.
:balance_scale:

En contrepartie, la monnaie libre permet - heureusement - d’épargner. Tant que le compte est en dessous la moyenne, il gagne en valeur relative. :partying_face: Jusqu’à une vingtaine d’années, c’est encore cohérent. Après, sa valeur relative tend à « stagner ».

Pourquoi heureusement ? c’est ça qui nous permettra d’investir, lorsque les aventures collectives vont commencer à être entreprises, lorsque nous voudrons valoriser et rendre possible des projets qui comptent à nos yeux.
:heart_eyes:

RQ : on pourra parler d’une relative « maturité » monétaire lorsque cette moyenne sera proche de 3.257 DUs. C’est une fonction de e qui donne ce résultat. @Maaltir précise que pour être plus exact, cette moyenne devrait osciller entre 3.752 et 3.925 DUs au cour d’un semestre.
Et, la moyenne aujourd’hui est à 725 DUs :wink: