Multiplier la valeur de la Ğ1

ben alors si la mécanique est imparable…

Reformulation de ma précédente réflexion :

Merci à tous pour vos commentaires (ici et sur le groupe Telegram). C’est agréable de découvrir la diversité des perspectives. :slight_smile:

Suite donc à vos nombreux retours, qui ont enrichi la réflexion, je me propose de reformuler ici différemment. J’aurais dû dès le départ laisser l’euro en dehors du sujet, cela a engendré des observations très intéressantes qui méritent d’être développées, mais je vais pour l’instant tenter de recentrer mon propos sur l’essence de ce que je voulais exprimer :

Quand je suis allée sur Gchange pour proposer un service, j’ai regardé les autres annonces dans la même catégorie pour avoir une estimation des prix qui étaient pratiqués (en Ğ1 donc), je me suis alignée à peu près (car l’éventail est assez large) sur ce qui était pratiqué, et j’ai publié mon annonce (je sais, je n’étais pas obligée de comparer, mais vous verrez après un argument qui explique pourquoi, même s’il n’est bien sûr pas l’argument absolu…). Mais après je me suis dit que c’était quand même dommage qu’une personne qui ne peut pas gagner de Ğ1 (ou peu) et qui ne dispose que de celles qu’elle crée par son DU, doive cumuler plusieurs jours, ou semaines de DU pour se payer une session, et rien d’autre. J’ai pu le vérifier aussi dans un café associatif, où le café était à 10 Ğ1, dans ce cas, en un jour le DU ne permet d’échanger qu’un café.

La proposition était que les prix proposés soient en proportion avec l’étalon 1G1 ≃ 1 café ou 1 baguette, ce qui impliquerait que beaucoup de « vendeurs » divisent leurs prix par 10 environ pour certains, par 5 pour d’autres, etc selon chacun, mais pas tous les vendeurs puisque certains sont déjà dans des prix de cet ordre-là. Et je répète une fois de plus que ce serait complètement libre évidemment ; seuls ceux qui voudraient harmoniser les prix dans cette idée-là le feraient, et s’il y avait une majorité, ça ouvrirait un nouvel « espace d’échange » pour le dire d’une certaine façon.

Quand je suis retournée sur Gchange après ma première publication, je suis tombée sur cette discussion dans le chat :

Copié-collé :

« - je suis formateur, et je voudrais proposer mes formations ici. Comment déterminer le prix en june?

  • il me semble que c’est 1€=5 junes pour les choses dont on veut se débarrasser et 1€=10 junes pour les choses neuves ou service comme tu souhaites proposer. Après, ce n’est pas une règle d’or, c’est un repère. A toi de tester un peu la june et de voir ce qui est juste pour toi et les autres. »

Et cette question « Comment déterminer le prix en junes, » revient très souvent. Alors qu’est-ce qui nous incite à comparer les tarifs des autres ? Qu’est-ce qui nous pousse à vouloir trouver une homogénéité dans les tarifs ?

Voici un élément de réponse, et ce qui m’a incitée à cette réflexion :

Le prix que nous fixons pour ce que nous offrons devrait nous permettre de nous procurer des biens et services de valeur équivalente. Un exemple concret : si j’offre une séance d’ostéo (ce n’est pas le cas) à 60 G1, mais que pour m’offrir moi-même une séance d’ostéo, je doive débourser 400 G1, ça implique que je doive donner 6 ou 7 séances pour en recevoir une (sans considérer le D.U.).

C’est pour ça que je proposais un consensus, mais bien sûr un consensus libre :

Si nous sommes assez nombreux ayant envie d’adapter nos prix de façon à ce qu’une personne qui ne peut pas gagner des Ğ1 puisse chaque jour, avec son DU acheter par exemple une baguette, 3 légumes, et économiser pour un soin, un objet ou tout autre marchandise ayant une valeur plus élevée mais restant accessible, ça pourrait être intéressant de voir ce qui se passe. Et pour ce faire, l’euro nous donne juste une « idée » des valeurs qui pourraient se pratiquer pour aller dans ce sens.

D’autre part, avec les tarifs qui sont pratiqués actuellement en G1, on ne voit jamais (ou presque jamais pour ne pas être radicale) d’articles avec des valeurs entre 1 et 10. Pourquoi ne pas utiliser ces valeurs ? Elles ne servent donc à rien, c’est dommage : pour des produits d’usage quotidien on est déjà dans des dizaines ou des centaines bref ça fait des gros chiffres pour un usage basique, ça complique ce qui devrait être simple. Ça rappelle les moments ou les pays où l’inflation est telle qu’il faut aller avec une valise de billets pour faire ses courses (je sais j’exagère un peu).

J’ai dit plus haut que j’aurais dû dès le départ laisser l’euro en dehors du sujet, et ma réflexion peut s’arrêter là pour l’essence de ce que je voulais partager.

Je voudrais maintenant répondre à certaines remarques au sujet de la comparaison à l’euro. La plupart d’entre nous sommes toujours liés qu’on le veuille ou non à l’euro, et donc ce qu’on échange l’est aussi presque toujours. Par exemple si je mets tant de gasoil pour aller vendre des citrouilles en G1, et qu’ensuite avec ce que j’ai gagné en G1 je ne peux acheter que des choses ayant dix fois moins de valeur que mes frais de gasoil, il va falloir que je change le prix de mes citrouilles…. Ou pas.

En effet, ce que je viens de dire n’est qu’une façon de fonctionner, une vision, tout aussi respectable (et surtout selon la situation de chacun) que la suivante qui est : on crée une monnaie libre pour partir sur de nouvelles bases et on décide individuellement (et ça pourrait devenir la tendance générale si c’est la majorité) de ne pas se référer du tout à l’euro, et/ou de ne pas non plus adhérer à ma proposition de fixer nos prix de façon à permettre plus d’échanges avec le D.U. quotidien (comme expliqué plus haut), mais de choisir la valeur de nos échanges de façon TOTALEMENT LIBRE, ce qui pour une monnaie libre, peut sembler assez logique.

Certains ont dit qu’ils apprécient le fait de pouvoir vendre le même objet à des prix différents selon l’acheteur. En effet, c’est un argument discutable (dans le sens que ça mérite un approfondissement et que ça engendre tout un tas de réflexions) mais tout à fait respectable. Par exemple on peut imaginer qu’une personne qui a plus de pouvoir d’acquisition accepte de payer plus pour un objet qu’une personne qui en a moins, et inversement qu’un vendeur accepte de vendre moins cher à une personne qui est plus restreinte. Ou de façon moins « humanitaire », simplement décider que chaque échange est décidé de façon spontanée, « à la tête du client », ou « au feeling ».

Et dans cette façon de faire totalement spontanée, un équilibre, une homogénéité pourrait se faire organiquement … ou pas ?..

En fait il faudrait aussi distinguer les échanges professionnels et particuliers. Je me référais surtout aux échanges « pro » quand je proposais ma réflexion car un particulier sera peut-être toujours plus libre encore qu’un pro de faire ce qu’il veut.

J’ai vu aussi l’argument du « charme du marchandage ». Oui, c’est une façon de voir… Mais le fait de proposer des prix qui commencent à des valeurs de 1 à 10, en « acceptant » qu’un café ou une baguette valent environ 1 G1 plutôt que 10 n’empêcherait pas forcément le marchandage.

En tous cas je n’ai jamais parlé « d’adosser » la G1 à l’euro (contrairement à ce que certaines réponses ont affirmé), ce qui serait un carcan très rigide et contraire à la monnaie LIBRE, qui m’a séduite pour son aspect « hors système capitaliste criminel ».

D’autres ont souligné le fait qu’il ne fallait pas confondre le dividende universel avec un revenu universel, ce qui est une remarque pertinente, mais peut-être pas forcément antagoniste de ma proposition. De plus, puisque nous sommes dans une monnaie libre, pourquoi n’aurions-nous pas la liberté d’imaginer qu’un D.U. pourrait devenir un R.U. ? Mais de toutes façons, à ce moment-là, si ma proposition était adoptée, et que les prix pratiqués étaient de l’ordre d’1€ ≃ 1G1, 300 € par mois ne feraient pas un revenu universel. Comme me l’a fait observer un humain qui se reconnaîtra, avec les prix proposés en G1 en ce moment le D.U. crée un pouvoir d’acquisition équivalent à environ 30 à 60 € par mois, et même moins selon Philippe Guillemant qui a écrit sur son site (mais ça date peut-être un peu ?) : « Les taux pratiqués sont très variables selon les régions et il est d’usage en moyenne de pratiquer une conversion de 20 junes pour un euro » ce qui fait un pouvoir d’acquisition équivalent à 15€ par mois L. Donc pour prétendre que ma proposition c’est vouloir faire du D.U. un R.U., il faudrait que la majorité s’accorde à ce que 1G ≃ 0,10 €, ce qui, comme me l’a fait remarquer ce même humain qui se reconnaîtra, ne serait pas pratique. Mais le fait d’aller vers 1€ ≃ 1G1 pourrait être une première étape pour une transition vers un futur R.U.

Bref tous vos retours m’ont fait voir que d’une façon ma proposition pouvait être d’un certain côté un peu simpliste car elle omettait de considérer beaucoup d’aspects humains importants, notamment le fait qu’il y a des visions très différentes, des pratiques très différentes, et que les mystères de « l’économie » semblent insondables, et peut-être imprévisibles ( ?) surtout si aucune convention n’est adoptée.

Je rappelle que je chéris la liberté au plus haut point, et que je ne crois pas que quand une communauté, par l’intelligence collective, décide d’une convention (souple, amovible, évolutive, adaptable…) ce soit une menace pour sa liberté, bien au contraire.

Pour conclure, je dirai que parmi vos retours j’ai trouvé des arguments « contre » ma réflexion qui m’ont paru très intéressants, et que pour certains aspects, je suis donc un peu moins convaincue de ma propre proposition, même si je ne la renie pas pour autant car je crois qu’elle soulève des questions importantes qui méritent d’être approfondies. C’est un sujet complexe, et ce que j’ai écrit ne sont que des petits bouts de réflexions, d’observations…

J’aimerais aussi que vos réponses soient dans cet esprit, c’est-à dire qu’elles ne se présentent pas comme des vérités absolues, mais comme des visions, des points de vue… car j’ai bien l’impression que ce sujet n’est pas une science exacte. Mais bien sûr ce n’est que mon souhait, et vive la liberté !… et la bienveillance aussi !

Merci de m’avoir lue.

4 « J'aime »

Avez vous lue les réponses faites au dessus ?
Si oui, qu’elles sont celles qui vous sont difficile à comprendre ?

Bonsoir @Natha13 et merci pour tes propositions et tes arguments très clairement exprimées. C’est un plaisir de lire de telles réflexions.
J’ai tendance à apprécier le côté construction de consensus vendeur-acheteur (j’avais noté sur un autre post l’importance du marchandage dans certaines cultures) mais je te rejoins sur le besoin de repères et de conventions dans une communauté d’échanges. Même les marchandages sur les marchés africains se font sur une base commune, le marchand sait qu’il annonce un prix trop élevé au départ, cela fait partie du jeu, et les deux protagonistes savent à peu près vers quel montant ils doivent converger à quelques unités près. Cela est vrai pour tous les biens de consommation courante. C’est lors d’échanges plus exceptionnels, vente d’une œuvre d’art par un sculpteur sur bois par exemple, que l’aboutissement est plus imprévisible et c’est bien normal. C’est pareil en MNL.
Donc oui, j’ai tendance à accorder de l’intérêt à ta proposition de recherche de consensus d’ordre de grandeur dans la communauté juniste. Ce consensus tacite n’empêcherait aucunement la liberté de chacun d’adhérer à ce consensus ou pas. J’ai même tendance à penser que l’on va tendre vers cela, d’une manière ou d’une autre. On peut laisser le consensus se créer dans les diverses communautés « locales » (c’est ce qui se passe déjà sur certains Ğmarchés je crois), cela prendra du temps pour qu’il s’homogénéise de manière plus large, ou on peut en discuter ici dans la communauté globale et gagner un peu de temps tout en lui donnant un petit coup de pouce pour qu’il se construise de manière à faciliter/favoriser l’adoption et le développement de la ML qui n’en restera pas moins libre et équitable.
Si j’ai bien compris ta proposition que je viens de reformuler, j’y adhère.
Phil.

1 « J'aime »

@philmarg1 et @Natha13, comme vous parlez de supposés consensus sur des prix, pouriez vous exposez ici des valeurs que vous proposez et les montants de ğ1 respectifs que vous souhaitez en échange ?

Eh bien @Natha13 l’a fait à plusieurs reprises dans ce fil, elle a proposé une base de 1Ğ1 = 1 café = 1 baguette de pain. Cela donnerait un ordre de grandeur qui me semble raisonnable. Après chaque communauté locale et chaque juniste sur un Ğmarché peut adapter les autres valeurs librement, et convenir par exemple qu’il veut bien payer un pain aux céréales de 250gr pour l’équivalent de 2 baguettes ou plutôt de 4 baguettes, peu importe, les marchandages et l’adaptation offre<->demande peuvent évidemment se poursuivre sur cette base, en toute liberté.

Vous êtes entrain de dire que Nathalie a vendu des cafés et baguettes contre 1 ğ1 ?

Evidemment non. Mais j’ai lu et compris ses propositions je crois. Je la cite :
« La proposition était que les prix proposés soient en proportion avec l’étalon 1G1 ≃ 1 café ou 1 baguette ».

S’Il s’agit de proposition pour les autres autre que vous même, est ce alors pertinent ?

Merci pour ton retour. Oui tu m’as très bien comprise et tu as très bien reformulé à mon sens. :slightly_smiling_face:

@Mateo : serait-ce trop vous demander d’arrêter de parler en phrases « coup de poing » ou juste interrogative ? Il serait plus intéressant pour la discussion (en fait, toutes les discussions auquelles vous participez) que vous donniez un avis propre avec des arguments. Le reste est inutile et ne fait que frustrer des gens qui ne sont pas là pour se prendre la tête d’autres. Je dis ça dans ton intérêt car, à force, les gens bloqueront vos messages et votre avis ne sera plus lu par personne :wink:

Je vous laisse méditer sur cette phrase, elle est pleine de bon sens et ne peut que rendre ce forum encore plus intéressant.

Pour revenir au sujet, voilà ce que je comprend (peut-être à tord).
Non, non, la proposition n’est pas « pour les autres autre que vous même » (je vous cite). Elle propose de vendre un valeur qui vaut N cafés en MNL à un prix de N Junes. Donc, @Natha13 vendrait ses valeurs à des prix correspondant à ceux calcul. Aujourd’hui, rien ne l’empêche de le faire, ni personne d’autre d’ailleurs.

Ensuite, viendra la réalité du marché. Si je vend 1kg de poireaux à 10 Junes, et que mon voisin les vends à 100 Junes, je suis prêt à parier que mes poireaux partiront avant les siens. Du coup, si d’autres pratiquent les mêmes prix que moi, il ne les vendra jamais et donc baissera ses prix. En fait, les prix de marché sont libres, on fait ce que nous voulons. Cependant, c’est bien la réalité du marché qui va nous indiquer un prix à afficher sur nos valeurs.

Donc, consensus ou pas, si un nombre suffisant de personnes appliquent cette proposition, les prix évolueront de facto. C’est un fait et vous n’y pouvaient rien. L’offre et la demande ne sont pas un outils capitaliste, c’est une réalité. Ce qui est rare est cher (parce que le vendeur peut appliquer les prix qu’il désire). C’est la rareté fictive qui est l’outil du capitalisme.

Maintenant, le prix d’une valeur reste à la discrétion du producteur de cette valeur mais sera de toute façon liée à cette réalité du marché.

Pour conclure, si une majorité de producteurs de valeurs appliquent 1 June = 1 MNL, la réalité du marché tendra vers cette valeur. De même que si la majorité applique 1 June = 0,10 MNL, ce sera la tendance du marché. Donc, tout dépend de l’offre et de la demande.

3 « J'aime »

Comme je l’ai déjà dit plus haut :

Le plus important c’est que la monnaie soit de plus en plus connue.
Après il faut qu’elle circule.
Et arrêtez de vous demander ce que la ğ1 permet de vous offrir, demandez-vous ce que vous pouvez offrir à la ğ1.

2 « J'aime »

Faux. Le prix découle du rapport de l’offre et la demande.

Si vous ne repondez pas aux questions qui vous sont posées afin de vous aider à comprendre alors vous n’arriverez pas à comprendre et resterez dans l’erreur.

Qu’est-ce que la réalité du marché pour vous si ce n’est pas le rapport de l’offre et la demande ? Je ne demande qu’à comprendre mais une petite phrase affirmative sans aucune argumentation n’a aucune valeur. Expliquez-vous plutôt que de balancer des phrases qui ne font pas avancer la discussion.

Alors, après une nuit « qui porte conseil », je poursuis mes réflexions sur ce sujet.
Voici donc un point de vue, qui est le mien depuis ce matin :wink:
Ce sera peut-être un peu long… désolé !

Ce que nous apprécions tous dans la ML c’est entre autres

  • l’indépendance vis à vis de la MNL
  • la liberté de chacun de choisir quels biens et services ont +/- de valeur pour lui
  • l’équité de création monétaire parfaitement distribuée entre les participants de la communauté économique.

On affirme aussi que contrairement aux MNL fluctuantes, spéculatives, la Ğ1 permet de créer un « étalon » de mesure des valeurs, une référence immuable en quelque sorte. Et cette référence est basée sur la quantité de Ğ1 crée par et pour chacun via le DU.
On nous répète enfin que le DU ne doit pas être considéré comme un « revenu » ou un « RdB ». Le DU devrait donc rester une notion abstraite, un chiffre sans rapport direct avec les biens et services que l’on échange dans la vraie vie.

Jusqu’ici je m’étais arrêté à cette liberté individuelle de choix de « valeur », et à l’affirmation qui m’avait été faite de la June étant un étalon de mesure de valeur. Et j’essayais d’observer comment les acteurs de la ML allaient « se synchroniser » petit à petit sur la valeurs des choses exprimées en Junes. Car il me semble que les échanges en ML ne vont se fluidifier que si cette synchronisation, un consensus approximatif, se crée entre les utilisateurs de cette monnaie.

Il apparaît donc ici que entre la création monétaire, donc les chiffres abstraits (DU, Ğ1) qui sont créés sur nos comptes chaque jour, et les biens/services que nous souhaitons échanger dans la vraie vie, il manque encore un paramètre dans l’équation de la Monnaie. Ce paramètre est « ce que je peux raisonnablement échanger contre une Ğ1 dans cette communauté ».
Dit autrement, nous avons un étalon, qui vaut la même valeur pour tous en tout temps, super ! Mais que vaut cet étalon ? Cette soi-disant « même valeur », que vaut-elle dans la vraie vie ? Dire qu’un DU vaut 10,42Ğ1 ou qu’une Ğ1 vaut 0,096DU, ça ne parle à personne finalement.

Je prends une autre image :
Dans la TRM, S. Laborde fait explicitement un parallèle avec la vitesse ‹ c › de la lumière comme invariant dans la théorie de la relativité. Si vous dites à une personne lambda que ‹ c ›, vitesse de la lumière, est la référence étalon de mesure de vitesse valable pour tous, et que sur cette base commune il peut définir des mesures de distance et de temps, il va certainement répondre… « heu, j’en fais quoi de ton ‹ c › dans la vraie vie ? ». Pourtant dans le cas de la physique, il existe des relations et des définitions complémentaires qui permettent de définir ce qu’est un mètre ou une heure. Et finalement chacun sait dans la vie concrète ce que représente un mètre ou un km qu’il doit parcourir, ou combien d’heures représente sa journée de travail. Ce qui laisse chacun libre d’estimer que marcher 3h ou marcher 15km est trop pour lui, alors qu’un autre prendra beaucoup de plaisir à marcher 3h ou marcher 15km. Etablir un lien clair entre un système de mesure et les objets qui nous entourent est nécessaire pour pouvoir échanger entre nous et n’empêche aucunement chacun d’évaluer librement si ces objets lui plaisent ou no, ont de la valeur pour lui ou non.
Dans le cas de la ML, on nous dit que l’étalon de mesure est le DU, mais que surtout il n’y a pas de lien entre ce DU et les choses tangibles. Chacun doit être libre de définir ce lien à sa guise, selon sa propre échelle de valeurs. Il manque donc volontairement ce lien entre l’étalon de mesure et les objets mesurés.
Imaginez que je définisse un nouvel étalon de distance, le « dist » noté ᴆ. Je vous explique que le ᴆ est calculé sur la base de 1/10000e du diamètre du cratère « Bidul » situé sur la face cachée de la lune. On est à peu près dans la situation de connaître la vitesse à laquelle on marche à partir de la définition de la vitesse de la lumière : ingérable par le commun des mortels. Mais si en plus je vous dis que chacun doit être libre de choisir de quelle manière il va faire le lien entre la distance dont il parle et l’unité de mesure ᴆ … que chacun est libre de définir ce que vaut 1ᴆ … que l’un peut décider que la longueur de son pas vaut 1ᴆ et que son voisin peut décider de quantifier son pas à 10ᴆ ou 100ᴆ cela devient pour le moins confus pour parler de distances. Si on utilise tous des ᴆ pour parler de longueurs mais en sachant que 1ᴆ ne représente pas quelque chose de comparable d’une personne à une autre, comment poursuivre le dialogue sereinement ? Quand nous parlons de distances, nous savons tous, au moins approximativement ce que représente 1 mètre, et ceci de manière conventionnelle dans une communauté. Et cette convention sur les unités de mesures laisse chacun libre d’apprécier si telle ou telle longueur dans un contexte donné est peu ou beaucoup pour lui, si marcher 100m le fatigue ou si il aime marcher 10km ! La liberté nécessaire est celle d’estimer la valeur des objets que l’on échange, pas la valeur de l’étalon de valeur !

En fait mon analyse est que dans ces discours, nous confondons « valeur » et « prix », qui sont en fait deux concepts bien différents. Selon moi la valeur est personnelle, individuelle et libre par essence. Le concept de prix est la traduction d’une valeur vers un système de mesure de valeur basé sur un étalon de mesure, donc la relation explicitée entre une valeur et le nombre d’unités monétaires qui permet de représenter cette valeur. On ne pourrait pas parler de distances entre nous si le mètre n’avait pas une sémantique concrète compréhensible par tous dans notre communauté.
Si l’étalon de valeur n’a pas de sémantique partagée entre les individus, on se retrouve dans le flou actuel de la ML qui se cherche et peine à converger.

Je vois donc de plus en plus clairement le besoin de co-construire une représentation concrète et partagée de la valeur d’une June, ou d’un DU, plutôt que de rester dans le flou actuel.
Même si l’on insiste sur la liberté pour chacun de choisir ce lien entre ses « valeurs » et la June, cette liberté permet donc à chacun de choisir librement de co-construire collectivement (avec d’autres membres de la communauté) un consensus sur une référence de valeur de la Ğ1. Et chaque membre de la communauté restera libre de se rallier à ce consensus, ou pas.
Comme l’écrit @CaTasTrOOf, « le prix d’une valeur reste à la discrétion du producteur de cette valeur mais sera de toute façon liée à cette réalité du marché. » → ceci reste totalement vrai avec la proposition de @Natha13, à la différence près que ce que l’on appelle un « prix » est clarifié et devient un langage commun avec une sémantique enfin partagée par la compréhension commune de ce qu’on appelle 1 Ğ1, qui devient un véritable étalon dans la communauté, alors qu’elle était jusqu’ici un étalon variable, donc n’était pas un étalon.

A partir de cela, je vois 2 manières d’aborder la construction de ce consensus sur l’étalon :

  • valeur du DU interprété comme un RdB (nous nous rapprochons ici de la proposition de Bernard Dugas, dans le SME, où les coefficients de fonte (limite de découvert et taux de retour à la moyenne) sont proposés sur la base d’un RdB « ce qu’il me faut pour vivre ici et maintenant »). Cette définition reste floue et subjective.
  • ou par convention, selon la proposition de @Natha13, 1 Ğ1 = 1 baguette (ou 1 bol de riz dans d’autres communautés). Proposition légèrement différente de celle de Berbard Dugas, puisque cela laisse libre l’interprétation de chacun d’estimer si il peut « vivre » avec un DU (ou x bols de riz) par jour ou pas. Cette définition semble moins subjective et moins flous que la précédente, mais laisse finalement beaucoup de liberté pour ensuite estimer des valeurs par rapport à cet étalon.

A mon avis, cette clarification ne ferait que faciliter les échanges dans la communauté ML, fluidifier ces échanges, faciliter l’intégration de nouveaux membres, et donc faciliter le développement de cette magnifique expérience humaine qu’est la ML !

Phil.

2 « J'aime »

Le prix est un rapport de l’offre et la demande.
il n’y a pas l’offre (producteur de valeur) qui pourrait imposer un prix à la demande (consommateur de valeur) ni inversement.

@philmarg1
il n’existe pas de consensus ni convention dans les prix puisque toute valeur est relative à l’observateur dans l’espace et dans le temps.

le prix moyen dit prix du marché est comme son nom l’indique une moyenne des échanges effectifs et ne pourrait d’aucune façon être issu d’un vote, un consensus ou autre règle imaginaire .

Et moi il me semble le contraire, il n’y aura de consensus approximatif, que lorsque les échanges seront nombreux et fluides.

La monnaie ça ne se mange pas, ça ne réchauffe personne, et ne met personne à l’abri. La monnaie n’est utile que si quelqu’un propose quelque chose en échange.

À celui qui prétend que 1ğ = 1€ j’ai 1000 ğ1 à lui vendre, je lui fait moitié prix donc 1000 ğ pour 500 €. S’il refuse l’échange, c’est qu’il ment en prétendant que la 1 ğ1 = 1 €.

Comme je l’ai dit plus haut, la faible valeur de la ğ1 aujourd’hui la rend encore plus équitable pour ceux viennent de la découvrir.

Et comme le dit très bien Matéo :

2 « J'aime »

Bonjour,
Quand vous écrivez :

" Comme je l’ai déjà dit plus haut :

[quote=« Maaltir, post:4, topic:20695 »]
En fait, c’est très bien qu’aujourd’hui la monnaie ai peu de « valeur ». Cela évite de donner un trop gros avantage à ceux qui sont créateurs de monnaie par rapport à ceux qui ne le sont pas encore, ou ne savent même pas que la Ğ1 existe.
> Quand les nouveaux arrivent il leur suffit de faire quelques ventes pour avoir une bonne quantité de monnaie et se rapprocher plus vite de la moyenne. Finalement les prix élevés rendent cette monnaie plus équitable.
>
>
>
> Quand nous seront très nombreux à être utilisateur que tout le monde saura que cette monnaie existe, alors naturellement les prix évolueront.
[/quote]

Le plus important c’est que la monnaie soit de plus en plus connue.
Après il faut qu’elle circule.
Et arrêtez de vous demander ce que la ğ1 permet de vous offrir, demandez-vous ce que vous pouvez offrir à la ğ1.",

je trouve votre point de vue intéressant, mais en disant « arrêtez de … » vous imposez votre vision comme l’unique avis « valable », comme « la vérité ».
Je crois aussi qu’il est bon de réapprendre à penser au moins autant au bien commun qu’à sa petite personne (et agir en conséquence), mais qu’y a-t-il de mal à se demander ce que l’on peut s’offrir? Ce n’est pas forcément en contradiction avec le bien commun… et cela n’empêche pas, par ailleurs d’offrir à son tour… De plus nous sommes toujours dans un « système » dans lequel nous avons des dépenses et des frais, et pour certains plus difficilement assumables que pour d’autres …

3 « J'aime »

Merci pour ces explications, précisions et développements. J’ai aussi pour l’instant tendance à voir les choses plutôt sous cet angle.

Bon, ok, je n’aurais pas dû ajouter cette dernière phrase à ma proposition. Car ce ne sont de part et d’autres que des « il me semble… » et je n’aurai pas d’argument valable en dehors de mon ressenti personnel qui ne pourra convaincre personne.

J’ai vendu récemment un bien sur Ğchange. N’ayant aucune idée de prix, puisque je n’ai aucune notion de ce que représente un DU pour quiconque, je l’ai affiché à 1200Ğ1. L’acheteur très intéressé m’a dit qu’il trouvait ce prix élevé mais qu’il était tout de même intéressé par l’objet. J’ai baissé à 1000Ğ1 et il a dit d’accord. J’ai poursuivi le dialogue avec lui sur cette notion de valeur relative à la Ğ1 mais je n’en ai pas tiré grand chose. J’ai senti qu’il n’était pas vraiment satisfait bien qu’il apprécie l’objet, et moi de même je me demande si je n’ai pas abusé. Je retire de cette vente de la frustration et de la tristesse. Pourtant je suis peut-être « gagnant » ? Ou pas ? Qui sait ?
J’ai vendu une bouteille de jus de pomme maison d’un litre à 50Ğ1 (proposée à 15Ğ1 et c’est l’acheteur qui m’a dit non, 50Ğ1 c’est bien pour cela), et j’en ai acheté une d’un litre 1/2 quelques semaines plus tard mise en vente à 7Ğ1 . Je reste ici aussi dubitatif. Je ne sais pas quoi décider à partir de ces constats. Cela ne m’aide pas à construire même pour moi-même une représentation de la valeur des choses en Ğ1, alors pour en parler avec d’autres c’est encore plus compliqué.
La Ğ1 n’est pas une unité de mesure, c’est un concept abstrait, un simple nombre qui a une définition mathématique bien sûr, basé sur la 1/2ev selon la TRM, mais qui n’a pas de signification concrète pour les usagers de la ML, et c’est dommage.

Si je reviens par contre à mon argumentation principale, elle exprime le fait que l’on nous propose de quantifier la valeur d’un bien dans une unité de compte qui est sensée représenter un « étalon », une « référence », tout en affirmant c’est à chacun de donner sa propre définition de cette référence, de cette unité de compte, en dehors de toute convention. Je persiste aujourd’hui à croire que définir une convention de ce que peut représenter la valeur unitaire de notre unité de compte faciliterait les discussions et simplifierait les relations entre utilisateurs, sans pour autant contraindre qui que ce soit à accorder de la valeur ou non aux bien et services qui sont échangés. Chacun resterait libre de décider si il veut acheter/vendre son jus de pomme à 7Ğ1 ou à 50Ğ1 selon si il a très soif ou si il trouve ce jus banal ou vraiment exceptionnel, mais au moins il saurait ce que représente pour lui 1 Ğ1, et il pourrait décider sur cette base ce qu’il affecte comme valeur au jus de pomme à cet instant, et saurait exprimer cette valeur dans l’unité de mesure qu’est la Ğ1.