Vous avez dit « monnaie »?

Un article de la revue n°4 Sortir de l’économie. De l’origine sociale des monnaies aux formes monétaires contemporaines.

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Bonjour moricef !

Bienvenue sur ce forum et merci pour votre partage :slight_smile:

L’article est intéressant, j’y retrouve beaucoup de choses que j’ai déjà lut ici ou là par ailleurs…

J’ai été intrigué par la source, je suis allé visiter leur site.

Faites vous partie de cette équipe éditoriale ?

Bonjour Moricef,
Article très intéressant. 2012, il y a bien longtemps toutefois, des ponts et des chaussées se sont effondrées depuis :slight_smile:

2 remarques sur l’article :
La conversion : à mon sens trop peu de développement fait sur le concept : la conversion d’une monnaie vers une autre (sans développement) voir l’esquisse de l’utilisation de conversion comme notion morale (blanchiment d’argent etc.). Je considère plutôt comme il est possible de le retrouver chez Simmel ou Mauss mais aussi comme semble le développer A. Testart (la partie que « Clément » développe de cet auteur), la part mystico-politique dans cette notion. Sans quoi aucun échange et monnaie ne pourraient avoir de socle commun. C’est la représentation par un processus de conversion qui permet de définir une valeur qu’elle soit d’échange, de dette, de cession, de don etc. Papier, pierre, feu, (ciseau ?) une valeur contre une autre ? ou plutôt une conversion d’ordre psychique, équilibrée, par des normes détenues par des garants, prêtres, chef de village, banque mondiale, algorithme etc. permettant donc de sécuriser les échanges et garantir dans la communauté les échanges ? La notion de conversion déplie le rite, celui de la foi (croyance en l’élévation, rencontre d’ancêtre, passage etc.), du lien, de l’appartenance, tout cela apparait dans l’article mais de façon éparse, sous-jacent. Les rites d’échanges premiers comme les territoires, la dette guerrière, l’exogamie etc. mettent en perspective le consentement du groupe, celui-ci donnant une valeur référence à son échange, consentie en interne et convertissant des notions de son groupe pour combler la demande de l’autre groupe afin d’obtenir réparation, restitution, convoitise… peu importe. Cela permet de borner l’équivalence, de nommer une conversion, avec tous les éléments rituels nécessaire à sa reconnaissance, voir, à terme, un étalonnage. De fait, je pense que c’est toute la difficulté que nous avons encore aujourd’hui pour revaloriser des échanges que l’on pourrait qualifier d’éthiques. S’atteler à la notion de conversion, que l’on élude dans nos sociétés, que l’on éloigne même dans les échanges alternatifs, car non consensuelle, quasi intrinsèque, ne permet pas de sortir du débat d’échange brut, 1€ contre 1 croissant (peu importe le croissant, industriel, farine bio, farine ab, cuisson nucléaire, four à bois, énergie renouvelable, employé surexploité, emploi d’apprentie, journée de 15h, coopérative etc.). La conversion en notion de mieux être par les produits ne doit pas être toutefois la normalisation de nos échanges, mais par le passage de l’interdiction des éléments dégradés (donc juridique) afin de convertir 1 croissant en instrument de « garantie sociale du bien être ». La conversion en « argent » se transforme dès lors en élément « éthique », se prémunie des critères artificiels et non maitrisables (soit volatiles), et autorise les échanges dans un cadre définie et sensible. Le « capital » (mais pas que bien entendu), à travers les âges, les classes dirigeantes, le pouvoir mystico-politique, frappèrent pour l’exemple monnaie à leur effigie. Il est clair que d’autre schéma n’est pas visible car la domination, malgré tout, n’a pas faibli, elle s’est reproduite et s’empare des newtechs pour assoir position. Mais je suis convaincu que la redéfinition éthique des échanges, surtout des instruments de garantie, permettra de forger des possibles, de relancer une nouvelle dynamique de confiance en excluant les anciens pouvoir garant : nous sommes et avons la possibilité, tout un chacun, d’être nos propres garants si nous nous saisissons des forces communicationnelles et relationnelles.

Puis ces quelques lignes qui sont purement une sublimation de l’angoisse de l’auteur.

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Bonsoir et merci pour votre accueil. Non, je ne suis qu’un simple lecteur en recherche.

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Merci à vous pour votre réponse étayée.