DU(Ẑ) : Et si notre monnaie devenait le reflet de nos liens et de nos talents?

Extension hype-relativiste du Dividende Universel de la Monnaie Libre

Auteur : Collectif G1FabLab ( @qoop )
Références : Projet TrocZen / Astroport.ONE – Mars 2026


Introduction

Et si on passait du Dividende Universel (DU) monolithique de la Ğ1 à un DU(Ẑ) « hype-relativiste » ?

Imaginez une monnaie qui ne se contente pas de compter les têtes, mais qui regarde la qualité de vos liens et la reconnaissance de vos pairs. C’est l’extension que nous proposons avec le DU(Ẑ) : une personnalisation de la création monétaire basée sur votre toile de confiance locale (N1, vos amis ; N2, leurs amis) et votre niveau de « savoir-faire » (WoT×2). Finie l’application d’une formule unique à tous. On passe à une équité contextuelle, où chaque DU reflète votre implication réelle dans le collectif.

Ce document présente les fondements, la mécanique et les avantages de cette évolution, qui ancre la création monétaire dans la réalité des réseaux humains et des compétences reconnues par les pairs.



1. Fondements : De la relativité fondamentale à la relativité appliquée

La Monnaie Libre Ğ1 introduit un concept révolutionnaire : la relativité de la création monétaire. Chaque individu membre de la toile de confiance crée la même quantité de monnaie sur une période donnée. C’est le fondement de l’égale dignité humaine : chaque membre est un « référentiel » légitime pour créer la monnaie.

Formule originelle :

DU(î) = DU(î-1) + c² × (M / N)
  • : constante de synchronisation (assurant la symétrie spatiale et temporelle)
  • M : masse monétaire totale
  • N : nombre total de membres certifiés de la toile Ğ1

Cette formule est monolithique car elle applique le même paramètre N à tous. La densité locale d’un membre dans ses cercles de confiance n’est pas prise en compte.

La proposition DU(Ẑ) pousse cette logique relativiste plus loin, en passant d’une relativité « globale » (le référentiel Ğ1) à une relativité « locale » ou « hype-relativiste » (le référentiel personnel enrichi). On applique le même principe de création, mais à des échelles de confiance plus fines et différenciées par la reconnaissance de compétences.


2. La formule DU(Ẑ) : mécanique détaillée

2.1. Les métriques individuelles

Chaque membre dispose de deux cercles de confiance :

  • N1 : ses certifications directes (liens entrants et sortants, ses « amis »)
  • N2 : le nombre de membres dans son cercle élargi (les « amis d’amis », jusqu’à deux degrés)

À ces cercles sont associées des masses monétaires :

  • M_N1 : somme des DU créés par les membres de N1 (masse monétaire locale)
  • M_N2 : somme des DU créés par les membres de N2

2.2. La formule de base

DU_base = DU_prev + C² × (M_N1 + M_N2 / sqrt(N2)) / (N1 + sqrt(N2))
  • : même constante que dans la Ğ1, mais appliquée à des métriques locales
  • sqrt(N2) : racine carrée de N2, pour intégrer l’influence du réseau étendu de manière non-linéaire (éviter qu’une toile immense ne domine)
  • Le dénominateur (N1 + sqrt(N2)) normalise l’ensemble, tandis que le numérateur agrège les masses monétaires locales avec un poids décroissant pour le cercle élargi.

2.3. La modulation par le savoir-faire (WoT×2)

Le système WoT×2 (Web of Trust multi-niveaux) permet aux membres de certifier d’autres membres sur des compétences spécifiques (ex: « administration système », « jardinage », « comptabilité »). Un ORACLE (système de preuves) peut venir renforcer ces certifications.

Chaque membre obtient un coefficient S_i (0 ≤ S_i ≤ 1) représentant son niveau de reconnaissance dans la toile, basé sur le nombre et la qualité des certifications de compétences reçues.

DU_final = DU_base × (1 + alpha × S_i)
  • alpha : facteur de pondération défini par la communauté (ex: 0,2 pour une modulation modérée, 0,5 pour une forte valorisation des compétences)
  • S_i : coefficient individuel de savoir-faire.
    ex: S_i=log⁡(1+x) où x = nombre total de certifications reçues.

Ainsi, un membre reconnu comme expert (S_i élevé) voit son DU augmenté, créant une incitation à partager et valider ses compétences au service du collectif.


3. Comparaison technique : DU Ğ1 vs DU(Ẑ)

Caractéristique DU Ğ1 (Monolithique) DU(Ẑ) (Hype-Relativiste) Avantage du DU(Ẑ)
Unité de compte Le compte humain (un membre = une voix) Le lien de confiance et la compétence reconnue Mesure plus fine de la contribution au réseau
Calcul Basé sur la masse monétaire totale (M) et le nombre total de membres (N) Basé sur les masses monétaires et les tailles des réseaux personnels (N1, N2) et un coefficient de savoir (S_i) Personnalisation et adéquation avec la réalité locale de l’individu
Sensibilité au réseau Globale : si N augmente, le DU de tous diminue (dilution) Locale : dépend de la croissance de son propre réseau (N1, N2) Protège et valorise les « clusters » locaux de confiance et de coopération
Reconnaissance Uniquement l’appartenance à la toile (certification croisée simple) Intègre la reconnaissance des compétences (certifications multi-niveaux WoT×2) Valorise l’expertise et le partage de savoir, moteurs de l’économie réelle
Résultat Égalité mathématique stricte Équité contextuelle (chaque DU reflète l’implication sociale et technique) Alignement de la création monétaire avec la création de valeur sociale et technique

4. Les briques : WoT×2 et ORACLE

4.1. WoT×2 : une toile de confiance multi-niveaux

Le système WoT×2 (décrit dans le dépôt Astroport.ONE) étend le concept de certification Ğ1 en permettant d’attester de compétences spécifiques avec plusieurs niveaux de confiance. Chaque certification de compétence peut être :

  • de niveau 1 (nager)
  • de niveau 2 (nager + brasse)
  • de niveau 3 (nager + brasse + crawl), etc …

Ces certifications croisées ajoutent des « détails » sur les compétences reconnues.
Ainsi, les « savoir faire » peuvent être reconnus localement.
Ou globalement…

4.2. ORACLE : système de preuves

L’ORACLE (décrit ici) est un mécanisme permettant de lier des actions réelles (ex: réalisation d’une tâche, production d’un livrable) à des certifications. Il fournit une couche de vérification qui centralise les attestations de compétence.

Cet oracle il impose de définir « une grille de confiance institutionnelle », pas nécessaire pour « savoir nager », mais indispensable pour « savoir conduire »… A creuser…


5. Implémentation : le projet TrocZen

Le DU(Ẑ) est en cours de développement au sein de l’application TrocZen (dépôt GitHub).

  • Code : actuellement en phase de prototypage, avec l’aide d’IA génératives (Gemini, Claude, DeepSeek, Mistral) pour accélérer le développement.
  • Langages : Dart (front-end mobile/desktop) et Python (back-end et calculs).
  • État : le code est « tout frais » et nécessite des relectures par des experts pour validation et optimisation.
  • Documentation : le guide de bootstrap explique comment démarrer avec l’environnement de développement.

Pour contribuer : les développeurs intéressés sont invités à forker les dépôts, tester, proposer des améliorations et rejoindre la communauté G1FabLab.


6. Avantages et perspectives

6.1. Pour l’individu

  • Un DU qui reflète son investissement social (taille et qualité de son réseau)
  • Une reconnaissance monétaire de ses compétences, incitant à les partager
  • Une plus grande résilience face aux variations globales de la toile

6.2. Pour la communauté

  • Création de « clusters » de confiance et de coopération auto-renforcés
  • Incitation à la transmission de savoir-faire
  • Meilleure adéquation entre création monétaire et création de valeur réelle

6.3. Pour l’écosystème Monnaie Libre

  • Une extension compatible avec le protocole Ğ1 existant (le DU(Ẑ) peut coexister ou être utilisé dans des « zones monétaires » spécifiques)
  • Une preuve de concept pour des monnaies libres plus sophistiquées
  • Un terrain d’expérimentation pour les modèles économiques décentralisés

Références et liens utiles

Tout ça, c’est trop compliqué pour moi.
Mais en première lecture, je comprends que plus tes relations ont de monnaie, plus tu en crées toi même.
Ben moi, je trouve que cela incite à choisir tes relations en fonction de leur richesse. Je n’aime pas ce concept !

Saut @Maaltir

Si le système récompensait ceux qui s’entourent de gens « riches » (qui accumulent), on recréerait le système bancaire actuel. J’ai oublié de préciser certaines règles qui font que c’est impossible avec TrocZen.

Contrairement à la Ğ1 ou à l’Euro qu’on peut accumuler sur un compte, le ẐEN fonctionne avec des « Bons » qui ont une date d’expiration (un TTL). Si tu ne les fais pas circuler, ils s’évaporent. Donc, quand on regarde la « masse » de ton réseau, on ne regarde pas des comptes en banque qui dorment, on regarde uniquement l’activité des échanges en temps réel. Tu ne choisis pas tes amis parce qu’ils « ont » de l’argent, mais parce qu’ils « font » des choses (ils produisent, ils rendent service, ils échangent).

C’est un système hybride. Quand un bon (qui porte ta promesse) fait le tour du village et te revient, il est annulé (« brûlé ») et révèle son parcours. Cette mécanique (création quotidienne VS annulation/expiration) permet à l’équation globale de rester parfaitement stable. Le but est de fournir à une communauté juste assez de jetons pour fluidifier ses échanges, avec des propriétés mathématiques qui empêchent à la fois l’inflation et la déflation.

Dans les faits, grâce à la formule, chaque portefeuille va créer entre 10 et 30 ẐEN/jour environ. C’est une fourchette restreinte et stable.

C’est une approche qui s’inspire d’expériences qui ont fait leurs preuves historiquement (mais manquait de sécurité pour durer).

La version électronique, apporte cette sécurité et aussi un avantage : on peut voir physiquement jusqu’où est allée un bon avant de revenir.

Quand un bon retourne à son émetteur, il révèle son parcours sous forme de liste de hops anonymisés.

Une boucle courte (2-3 hops, 5 jours) dit : « la confiance est dense, le réseau est petit mais actif. » Une boucle longue (8-10 hops, 18 jours) dit quelque chose de plus fort : « ce bon a traversé plusieurs cercles de personnes qui ne se connaissent pas forcément, et pourtant il est revenu. » C’est la preuve que l’économie locale dépasse les liens directs.

Le but du jeu, si on veut en faire un jeu, c’est : faire la plus grande balade possible sans que le bon n’expire en route. Chaque hop de plus, c’est un lien de confiance supplémentaire qui a existé. Un bon qui fait 12 hops en 21 jours et revient à son émetteur, c’est un réseau qui fonctionne vraiment — pas un réseau de façade où 5 amis se transfèrent des ẐEN entre eux pour gonfler des métriques.

Et c’est là que la réponse à ta préoccupation devient tangible : si tu choisis tes relations en fonction de leur richesse stockée, tes bons vont stagner et expirer sans faire de boucles. Le système ne récompense pas l’accumulation, il récompense la circulation. Les gens avec les DU les plus élevés seront ceux dont les bons voyagent loin et reviennent vite — c’est-à-dire ceux qui sont au croisement de plusieurs communautés, pas ceux qui ont le plus de ẐEN.