Pour une monnaie libre sans support technologique

Salut à tous,

Je me pose la question si selon vous une monnaie libre est réellement possible sans aucun recours à la technologie (informatique) et quelle forme elle pourrait avoir ?

Est-ce possible de se rapprocher le plus possible de la monnaie libre sous forme de crypto, tout en conservant une facilité d’utilisation (également à grande échelle) ?

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Tout ce qui est faisable avec l’informatique l’est aussi sans. C’est juste tellement long que les seuls intérêts sont pédagogique et ludique.

Là où on a un besoin pratique de l’informatique, c’est pour la cryptographie (plein de calculs), le stockage des données (plein de données), le tri des données (plein d’indexes), la communication (plein d’interactions). Imagine qu’un nœud est un immeuble avec des bureaux de gens qui calculent, d’autres qui trient des dossiers, qui les copient, qui vont les chercher avec des échelles, qui sont au téléphone avec d’autres nœuds et d’autres bureaux du même nœud, sans oublier un étage de gens qui lancent des dés pour générer le hasard indispensable à la cryptographie…

Tout ceci est aujourd’hui effectué par un ordinateur qui tient dans la poche.

À propos d’une implémentation non informatique et non cryptographique, il y a des sujets qui en parlent, à une échelle locale (avec une asso qui centralise tout et qui distribue des billets et tampons par exemple).

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Salut Rimek !

Tout à fait :slight_smile: C’est juste que niveau sécurité et robustesse, c’est pas la même chose (pas forcement pire, mais différent) :

  • pour la monnaie libre, tout repose surtout sur la toile de confiance, des utilisateurs pas trop négligeant, et du temps de développement informatique.
  • pour un support papier, tout repose sur le producteur du support matériel, ses moyens, l’infalsifiabilité de son support, et surtout la confiance qu’on veut bien lui accorder.

A part papier je ne vois pas !

Ça ressemblerait à des chèques signés plusieurs fois j’imagine :thinking: Faudrait les vérifier à chaque transaction :confused: Et on a toujours le problème de lister les « individus membres qui ont le droit à leur DU » :confused:

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Bonjour à tous, Moi j’imagine une monnaie libre ultra-ecologique, ludique et infalsifiable, facilement pris en main par toutes les générations, sous forme de dessin au format « Billet de banque ». Ça rejoint l’idée d’une multitude d’ œuvres d’art qui seraient populaires.

Ex: nous choisissons (ou pas) collectivement un format normé de 10cm x 5cm. Et chacun est libre, quand il le veut et au nombre(de billet) qu’il veut, de dessiner ce qu’il lui plaît sur le/les billet vierge ! Tout le monde peut dessiner de 2ans à 130ans et avec la qualité et le soin, et le goût et les couleurs, et la technique, que la personne souhaite, ou est en capacité de produire ! Peu importe si une personne ne produit que des billets chez elle pour être « riche » car si elle en fait plein mais que personne n’en veut parce que l’on voit, plus ou moins clairement, que ça ne vient pas du coeur. (dessin baclé) En fait ça revient à la « Relativité des valeurs » !!! Même une personne avec beaucoup de talent (peintre pro) peut aussi faire de jolies billets mais elle ne serait pas plus riche non plus que le « faussaire » ou l’enfant qui s’éclate sur son billet vierge.

L’appréciation de chacun sur la valeur des billets !

Quand il pleut trop fort, je dessinerait et quand il fait beau je jardine et échange mes production à l’aide de ces dessins tout simplement !

Sinon j’avais pensé aussi à une autre ressource abondante, la terre. Faire des billes d’argile en guise de monnaie ! Infalsifiable car chaque bille est unique, à l’appréciation de chacun plus ou moins ronde et colorée. La production est donné à tout le monde !

La décroissance +++ et la simplicité.:grinning: De plus, ce que j’imagine avec ces système c’est qu’il n’y a pas de limite géographique tant que l’on a accès à du papier et crayon de bois (ou en fabriquer) et accès à de la terre (un peu dur dans le désert).

Symétrie spatiale et temporelle !!! Les œuvres d’arts s’abîment plus ou moins rapidement avec le temps, donc obligé de produire de nouvelles micro- œuvres d’arts !

Qu’en pensez vous ?

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D’une poésie sans nom.

Il ne reste plus qu’à trouver un collectif qui se mette d’accord pour tester l’une ou l’autre de tes propositions. Je veux bien essayer.

Mais concrètement, ton moyen d’échange n’est pas une monnaie car il ne permet pas de conserver la valeur dans le temps.

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Ce n’est donc pas une monnaie libre au sens de la Théorie Relative de la Monnaie. Le principal problème d’une monnaie est la confiance que ses utilisateurs ont en elle. Or là, de confiance, je ne vois pas poindre l’ombre…

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La confiance, tout autant que la disponibilité, c’est ce qui transforme un moyen d’échange du statut d’actif au statut de monnaie, non?

Et l’ombre de la confiance est lumière ?

Quand le blé devient-il du blé, that is the question.

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Cela a existé par le passé, c’est simplement un tableau de dettes mutuelles. Pour ton idée quelqu’un de très pertinent a essayé de mettre en place une monnaie très low-tech: https://martouf.ch/2019/05/le-kong-encore-une-autre-monnaie-de-singe/

Pour ma part je pense que la limitation principale de cette monnaie c’est la facilité de falsification.

Et aussi le problème de toutes les monnaies: personne ne veut l’utiliser, c’est pour ça que l’utilisation d’une monnaie est corrélée à l’iimpôt qu’il faut payer dans cette même monnaie

Non, des reconnaissances de dettes ne sont pas une monnaie libre.

On peut observer l’utilisation comme valeur intermédiaire d’échange non soumises à l’impôt :

  • des bâtons de comptage au moyen-âge en Europe de l’Ouest
  • des cigarettes lors des guerres de tranchées
  • plus récemment, d’unités électroniques stockées dans des registres supposés infalsifiables
    … et sans doute d’autres formes monétaires qui ne me viennent pas à l’esprit.

D’où ma remarque. Une « monnaie » qui n’inspire pas une très grande confiance dans sa sécurité est une monnaie morte. À quoi bon se casser la tête à faire une monnaie parce qu’on a pas confiance en l’étranger si on n’a pas confiance en la monnaie elle-même ? Autant procéder par économie du don, à ce compte-là.

Sur la colline de mon enfance, on offrait ses services et on recevait en remerciement un carton de vin blanc. Pas que ce vin ait été super bon, il rapait un peu la langue, provoquait quelques aigreurs d’estomac, et il avait un nom explicite : le Crépy. T’as déjà lécher du crépi sur un mur. Bon ben voilà. L’adage disait « le Crépy, les bonnes années tu laves les carreaux avec, les mauvaises tu les rayes ».

Je reste amateur personnellement. Et puis ça faisait une bonne valeur d’échange. Il valait cher en plus d’être rare. Terroir difficile. Mais qui se bonifie presque avec l’âge disait-on lorsqu’on s’assommait avec un liquide trop vert à la fin du match de foot contre les cons de la vallée d’en face. Puis pris en tenaille entre le franc suisse bondissant et un franc qui se fixait à l’euro en construction, on avait notre unité signée par différents vignerons. La bouteille bleue de chez Mercier c’était de la grosse coupure.

Je passais la tondeuse chez le voisin : hop une bouteille de Crépy. Francky taillait un arbre, hop un carton de blanc. Le père Calu zigouillait et préparait le cochon discrètement au lever du soleil, le pourboire était à boire. Beber facilitait un heritage en faisant un peu trop peur à une mamie cardiaque, hop un coffre entier de piquette agrémenté d’un petit coup de gnôle pour sceller le pacte. Ah les bons souvenirs de la vie rurale.

Il y avait en particulier ce carton entamé que j’avais marqué d’un coup de crayon particulier qui m’est revenu un an plus tard. J’avais essayé de retracer son parcours pour me faire une idée du nombre de deal auquel il avait servi. J’ai renoncé après avoir remonter 3 intermédiaires. J’ai jamais su combien de fois il avait circulé.

Les Monnaies Locales Complémentaires, j’ai jamais compris pourquoi on cherchait à les officialiser alors qu’un bon carton de blanc ça fait l’affaire.

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C’est à cause de monnaies comme ça qu’on nous sort la théorie du ruissellement ! :stuck_out_tongue:

Ce n’est même plus une monnaie fondante, elle est déjà liquide… :wine_glass:

L’avantage c’est que tu peux donner des chèques en blanc sans te retrouver dans le rouge… :rofl:

Plus sérieusement, c’est tout de même plus pratique de ranger des petits morceaux de papier dans sa poche plutôt que de porter un verre de vin pour acheter une baguette.

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Dans un territoire de confiance, on est plus proche de l’économie du don. Du coup, le boulanger peut te filer ton pain toute la semaine puis tu apportes une bouteille le dimanche matin, avec une deuxième pour un St Genie aux pralines rouges.

D’ailleurs au four communal, celui de Beber était toujours retourné.

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