Partage d'un article sur l'avenir des logiciels libres


#1

Bonjour,

Je partage cet article car je me demande si la prédation est un risque que peuvent courir les logiciels libres développés dans le cadre du projet Duniter auquel cas il faudrait peut-être quand même penser à les protéger des prédateurs.


#2

Duniter n’a rien à craindre. Tous les logiciels libres sous GPL sont protégés par la licence et duniter restera libre.

Cet article est ARBITRAIRE et ne concerne pas les logiciels libres. L’auteur confond (je pense que c’est volontaire, inconsciemment ou pas) le logiciel libre et l’open-source. Quand aux “communs”, c’est une notion instable et qui n’a pas encore de base juridique pour avoir un avis raisonnable et éclairé sur la question.

Personnellement, je m’en fais une idée par les acteurs du principe que je connais personnellement, en l’occurrence, dans G1, nous avons Yannick Duthé et Maïa Dereva. D’autres membres sont peut-être dans le même cas…je ne sais pas.

Je viens d’ailleurs de demander à @b3j0f ce qu’il entendait par “communs” lorsqu’il en parle : https://forum.duniter.fr/t/distribution-equitable-de-la-monnaie-creee-plutot-quegale/583/33


#3

C’est d’ailleurs dommage que le logiciel libre soit incompris, surtout par bon nombre de ceux qui se penchent sur la question des communs.

Les logiciels libres ont fait un tel travail de cohérence et d’encrage dans notre société, au point qu’ils ont changé le comportement marchand des géants de l’informatique (bon, pour les autres comme total ou YSL, je sais pas trop xD) qui se sont adaptés pour continuer d’exister, et je pense que la publicité et la guerre sont les grandes fautives de leur succès ^^’.

Concernant la licence GPL, pour moi, il ne s’agît pas d’une licence libre car elle restreint les droits d’usage (c’est pour ça que la LGPL a été créée pour être un peu plus libre mais pas complètement). Il s’agît surtout d’une licence open-source.

La BSD, la MIT et le CC0 (domaine public) sont par contre pour moi, des licences libres, sans aucune restriction pour l’utilisateur final. Et ce sont elles qui font en sorte d’enrichir un maximum la créativité.

Les logiciels libres ne peuvent être bloqués de quelque manière que ce soit (hormis par l’interdiction d’usage par une loi spécifique comme celle qui s’applique à TOR il me semble)


#4

C’est complètement l’inverse en réalité. Car la liberté, suivant le principe de non-nuisance, implique des droits symétriques. Hors, où est la symétrie quand la source peut-être fermée après avoir été libérée ?

L’open-source correspond à des codes ouverts mais utilisés pour produire des logiciels privateurs de libertés. Ce n’est pas le cas de la GPL (et ça ne peut pas être le cas).


#5

Merci @inso pour ta réponse. Cette incompréhension m’a donnée l’idée de faire une petite conf sur le sujetaux RML prochaines si je peux m’y rendre.


#6

Les licences BSD, MIT et CCO empêchent justement la fermeture du code qui respecte cette licence, pas de la création qui réutilise cette licence et le code produit sous cette licence. Et bien heureusement, car cela permet aux idées de se construire peu importe la “fermeture du code”. Pour rappel, il n’est pas possible de breveter une idée, du coup, même les logiciels non-libres ont donné de l’inspiration pour des logiciels libres, et inversement.

La GPL nuit à la liberté de ce qui est produit à l’aide de cette licence. Donc elle n’est pas libre car il y a un manque de symétrie vis à vis du code produit sous cette licence.

Les usages seront eux toujours asymétriques. Il faut bien distinguer code produit et usage.

Et dans le cas du logiciel libre, je pense qu’il s’agît avant tout de transmettre des idées et de laisser libre court aux usages. Le code n’est qu’un moyen de réaliser les idées.

C’est pas pour rien que des logiciels comme TOR sont sous licence libre (BSD en l’occurence)


#7

D’ailleurs, cette confusion me fait penser à celle qui est de penser que “logiciel open-source = gratuit”.

On ne distingue pas l’usage du code là non plus.

Des logiciels libres inspirent des logiciels non-libres, et inversement.


#8

Maintenant, il faut que tu réussisses à me dire qu’est-ce que tu appelles “création” ou “utilisation” de code. De ma propre expérience, toute modification du fonctionnement d’un logiciel implique de toucher à l’existant. La seule utilisation qui existe est l’utilisation sous forme de librairie… Ce qui est compatible avec la nature de la licence GPL.

Et donc, oui, MIT et BSD permettent de fermer un code qui a été ouvert. Je te laisse le vérifier par toi même, en demandant à Apple les sources de son OS “basé” sur BSD…


#9

Le code d’un logiciel libre peut être réutilisé pour produire du code propriétaire afin de laisser libre cours à l’utilisation d’une idée (et non le code produit).

Et c’est bien ce dont il s’agît concernant le code de MacOSX qui est sous une autre licence, qui a fermé le code qu’ils ont écrit, mais si tu leur demande le code qu’ils ont récupéré, ben t’as qu’à regarder ce qu’ils ont utilisé. Ce qu’a fait MacOSX est volontaire et recherché par ceux qui ont utilisé la licence BSD en souhaitant continuer de faire exister toute inspiration de l’idée, peu importe la forme. Ainsi, l’idée survit et continue d’évoluer.

Le code sous licence GPL contamine les codes s’en inspirant (copie de code ou réutilisation de librairie). Ce qui fait que l’on devient moins libre pour produire une idée, et on freine ainsi son développement.

D’où la LGPL qui est venue par la suite et ce qu’il en suit.

Les licences comme BSD, LGPL (pas libre non plus mais on s’en rapproche) ou autres se sont vraiment concentrées sur le fait que la GPL restait contraignante pour l’idée (faut pas se leurrer sur le fait que les idées mêmes développées/brevetées dans une entreprise sont réutilisées en dehors sauf quand une clause de non-concurrence intervient).

Au final, c’est plus une idéologie de faire en sorte que les idées survivent au dela de ce qu’on en fait.

La MIT ou BSD favorisent la distribution et le partage d’idées, puisque les retours des entreprises qui utilisent ces logiciels permettent également de faire évoluer les idées qui en proviennent.

Après, tu peux vouloir protéger le code de certains usages, et là, la GPL est géniale car respectée et reconnue. Et puis ça nourrit la communauté GPL en disant aux autres d’aller se faire cuire un oeuf


#10

Et je ne pense pas que se mettre à dos qui que ce soit fasse avancer les choses. D’ailleurs, je crois mais ça reste à vérifier, que si la BSD n’avait pas existé, on aurait pas eu de TOR vu que ça avait démarré sur du financement militaire et protégé par une licence proprio.


#11

Et je rajouterai que beaucoup de codes libres ont été produits à l’aide de MacOSX. Donc je rejoins l’esprit de ne pas freiner l’idée juste parce qu’on voudrait imposer que la réutilisation directe soit comme on le souhaite


#12

La définition de la liberté dans le logiciel est définie par Richard Matthew Stallman et portée en premier lieu par Gnu et la Free Software Fundation. La GPL est une licence écrite par le dit Richard Matthew Stallman avec le concours de juristes et portée par la dite Free Software Fundation.

En conséquence elle répond à la définition de logiciel libre (Free Software) tant dans la forme que dans le fond et l’intention.

Il me paraît donc saugrenu de considérer la GPL comme une licence privatrice. En tout cas au regard des 4 libertés qui sont la définition de ce qui n’est pas privateur. La GPL n’interdit pas la commercialisation ou tout autre usage, ce qui fait que typiquement elle est non compatible avec les versions NC des Creative Commons.

Il est vrai que cette licence est transitive / héréditaire (et non pas contaminante comme ça a pu être dit de façon fausse par le passé). Tout logiciel issus du logiciel que je modifie doit être repartagé dans les même conditions. (Equivalent SA de la licence Créative Commons).

D’ailleurs, un grand nombre de licences sont compatibles GPL, à commencer par toutes les licences BSD où la clause publicitaire (aka tu dois mettres le copyright sur tout document lié de prêt ou de loin au logiciel) a été expurgée. De même Apache, CC0 et la license X11 (que tu appelles à tort MIT).

La différence n’est pas dans la liberté mais dans la protection. Certaines licenses autorisent la réutilisation tout ou partielle dans un logiciel dont le mode de distribution et la licence ne remplissent pas les règles de la license. Elles ne sont du coup pas héréditaires.

C’est une question différente, politique. Je pense que s’empêcher l’appropriation d’un bien commun est une bonne chose qui ne nuit pas à la créativité. On est du domaine de l’opinion et c’est pour cela entre autre que différents type de licences libres existent !


#13

Pourquoi à tort ?


#14

Parce que le MIT n’a pas sa propre licence. Ils ont développé, si je ne me trompe pas la licence X11 et en utilisent multitude d’autres. Le terme licence MIT est impropre mais osef un peu !


#15

Oui, j’ai lu que la dénomination MIT était ambigüe, après, c’est un peu le bordel, du coup, j’ai abandonné avant la fin x). Donc osef me va très bien ^^’


#16

Développe stp…

Expliques-toi. Je ne comprends pas… Qu’'est-ce qu’une nuisance selon toi? Que viens faire la symétrie dans ce cas?

REMARQUE: La GPL a été élaboré par un juriste et a déjà fait ses preuves du point de vue de la liberté des utilisateurs.

La licence copyleft (GPL) maintient le code accessible en permanence. Autrement dit, le code source produit à partir d’un code source sous GPL reste sous licence GPL qui stipule que le code source sous licence GPL doit être accessible d’une manière ou d’une autre à tous donc tout aussi public qu’une licence MIT ou autre.

RAPPEL: Si un code source sous licence GPL n’est pas fourni avec le binaire ou mis à disposition du public, alors, le logiciel ne peut pas être diffusé. Ceci n’est pas une restriction, un logiciel sans les sources ne pouvant pas être amélioré, il ne respecte pas la liberté 2.

Pour plus de détails, le site de la FSF est la meilleure source pour comprendre les licences GPL :slight_smile:

Ceci est faux pour BSD et MIT. Je ne connais pas assez les CC pour avoir un avis.


#17

Peux-tu séparer idée (global) et code informatique. Je ne pense pas être particulièrement idiote et je ne comprends pas cette phrase. Peux-tu la reformuler stp? merci :slight_smile:

Rappel : un logiciel libre selon la GPL peut être diffusé sous plusieurs licences.

Encore une phrase absconse. Peux-tu reformuler stp…

Tu peux expliquer ce que tu entends par “idée”, concept que tu utilises partout et tout le temps. Merci :slight_smile:


#18

Je ne sais pas ce que je dois développer, alors je vais développer les deux.

  • Un brevet protège temporairement toute exploitation d’une invention ou solution technologique, et non l’idée qui est à l’origine de l’invention. Par exemple, il n’est pas possible de breveter “la paix dans le monde”, mais il est possible de breveter une invention qui permettrait d’y arriver, empêchant les autres d’utiliser librement cette invention, mais pas de trouver la leur pour avoir à leur manière la paix dans le monde.

  • Des fonctionnalités de “adobe photoshop” se sont retrouvés ensuite dans “gimp”, et inversement. Quick exemple, mais sinon, tu regardes framasoft qui tente de faire une copie fonctionnelle des solutions proprio existantes. D’où l’intérêt de préserver les idées de la protection du code pour faire en sorte que l’idée puisse continuer d’exister et être utilisable par tous.

Je n’aime pas trop ça, mais je vais citer un passage de wikipedia :

La GPL met en œuvre la notion de copyleft, un jeu de mots anglais faisant référence à la notion de copyright (right en anglais signifie à la fois le droit, c’est-à-dire la règle juridique, et la droite, qui marque une direction) que l’on peut transposer en français en parlant de « Gauche d’auteur » par référence au Droit d’auteur. Pour autant le copyleft n’est pas l’antithèse du copyright, au contraire, puisque le premier s’appuie sur le second. Ainsi le copyleft comme le copyright définissent et encadrent les droits des utilisateurs de façon contraignante. Le mécanisme est identique, mais les objectifs diffèrent : le copyright garantit exclusivement les droits de l’auteur, le copyleft s’attarde tout particulièrement aux droits des utilisateurs, et vise à préserver la liberté d’utiliser, d’étudier, de modifier et de diffuser le logiciel et ses versions dérivées.

Donc les solutions fermées ne peuvent pas hériter de la GPL. Donc l’évolution des idées s’en trouvent freinées. Et c’est pour cette raison qu’a été créée la LGPL, et consorts.

Je ne suis pas pour les solutions marchandes et fermées, mais elles sont là, donc il faut faire avec. Et du coup, et c’est mon opinion comme le disait justement @Florck, je suis pour laisser libre court à l’évolution des idées, car je considère, et le monde le montre tous les jours, que laisser s’exprimer les idées, peu importe leur forme, permet au final, de continuellement servir les avantages des uns et des autres.

Imagine qu’une solution proprios te permette d’être réutilisée à condition de développer des solutions proprios qui en héritent, ça serait une catastrophe pour les non-proprios non ? Pour moi ça l’est, parce que je ne suis pas là pour juger des choix de développement de telle ou telle activité (on est quand même dans un contexte économique compliqué), ni de mettre des freins dans du développement quelque soit la licence, sinon, j’aurais critiqué le choix de Duniter, mais je m’en fiche, l’important pour moi, c’est que les idées évoluent et soient réalisées.

Après, la GPL a la particularité d’offrir une solution radicale pour s’isoler du monde proprio. C’est louable, mais un peu trop virulent pour moi et pour la facilité à implémenter les idées que l’on peut avoir.

Y a vraiment de plus en plus de grosses librairies développées en MIT ou BSD. Qu’en pensez-vous ?[quote=“mamygeek, post:16, topic:588”] Ceci est faux pour BSD et MIT. Je ne connais pas assez les CC pour avoir un avis. [/quote]

CC0 = domaine public.

Tu peux développer pour la BSD et la MIT ? Un code sous MIT ou BSD ne peut être inaccessible. Par code, j’entends bien le texte écrit par un humain. Par contre, un logiciel proprio qui utilise des librairies sous licence MIT/BSD peut avoir du code fermé, mais les librairies incluses restent ouvertes. Si y a du copier-coller de code libre qui est fait, ben le code qui a été copié reste ouvert car il s’agît d’un copier-coller. Mais tu ne verras pas le code produit autour !

Je dis juste que je l’idée (ou les fonctionnalités du logiciel si tu préfères) continue d’évoluer au delà du code.

Duniter utilise nodejs (sous licence MIT). Quel est l’intérêt pour Duniter d’être sous licence GPL ? Pour moi, c’est se fermer des portes de partenariats possibles en restant contraignant pour beaucoup d’entreprises influentes aujourd’hui (ce qui est dommage quand tu sais que beaucoup de développeurs de ces entreprises font du logiciel sous licence MIT et que la GPL les dérange, et surtout que dans les faits, c’est pas non plus rare de trouver du code GPL dans des solutions fermées, et inversement, à une époque où je travaillais sur des produis Microsoft, j’avais appris à décompiler leur propre code pour mieux comprendre le fonctionnement de leurs librairies).

Mais ça reste mon opinion. Surtout que, sauf erreur de ma part, le droit Français n’a accepté que la GPLv2 pour l’instant, et donc, n’est pas à jour avec la GPLv3 de Duniter (à propos de ça, un ami patron d’une entreprise de développement de logiciels libres qui a déjà eu des soucis avec des concurrents qui voulaient lui prendre ses oeuvres, m’a rapidement dissuadé de compter simplement sur github et les licences libres, et de plutôt déposer des versions de code de logiciel chez un notaire, parce que le droit Français galère un peu là-dessus).

Qui par hérédité, doivent respecter les closes de la GPL, donc ciao celles qui veulent être fermées.

Je veux dire qu’il est plus compliqué de développer du logiciel fermé si une fonctionnalité qu’on aimerait bien inclure n’a été implémentée que sous licence GPL. Et la réciproque est vrai pour le logiciel fermé ! (au cas où tu croirais que je suis pour les logiciels proprio. Je suis contre car elles ne facilitent pas l’évolution des idées, sauf dans certains contextes particulièrement critiques actuels, je peux comprendre que les auteurs du code ont pensé que c’était la meilleure façon de développer le code dans l’intérêt de leur projet, à tort ou à raison, je préfère ça que les empêcher de s’exprimer).

Comme dit au dessus, et j’espère rester clair cette fois, j’entends par idée, les fonctionnalités que tu peux trouver dans un logiciel. J’espère avoir été plus clair cette fois.


#19

Ce qui est faux, puisque le code GPL peut être utilisé sous forme de librairie par le monde propriétaire. Sinon, aucun logiciel propriétaire ne pourrait être développé en utlisant Qt.

Qu’en est-il de Qt alors ? https://en.wikipedia.org/wiki/Qt_(software)#Licensing

Au contraire, ça permet de s’assurer que aucune entreprise n’a le droit de s’approprier le code de Duniter. Pour l’utiliser et le modifier, elle doit le redistribuer. La garantie pour les contributeurs de Duniter de savoir que leur code restera ad vitam eternam un code ouvert, jamais approprié par une minorité, jamais privateur.


#20

Lol, je sais pas si on va s’en sortir x)

La GPL impose une hérédité de la part des projets qui utilises des logiciels sous GPL. De plus, QT applique la LGPL pour les logiciels non open-source, sinon, c’est effectivement du GPL : https://www.qt.io/qt-licensing-terms/

Donc c’est se fermer des portes avec certaines formes de partenariat avec ces entreprises, et les développements qui proviendraient de leurs travaux (comme pour l’exemple de MacOS X qui permet de développer des logiciels libres).

Le code de duniter restera du code ouvert en théorie, dès l’instant qu’il utilise une licence ouverte ! Sinon, autant le mettre dans le domaine public. Le code que produit une entreprise en réutilisant duniter (intégration de librairie ou copier-cller), n’est plus du code duniter.

C’est peut-être là que nous avons une incompréhension, et que je me trompe sûrement sur quelque chose.