Inflation-prix ou Inflation-monnaie?

« Inflation » a vu son sens évoluer au cours des années, comme nous le rappelle son article wikipédia :

Jusque dans les années 1960, l’inflation désigne l’excès de moyens monétaires par rapport à l’offre (phénomène dont la hausse des prix et la perte de pouvoir d’achat de la monnaie résultent).

Avant les années 60, donc, quand on lit et parle d’inflation, on parle d’inflation-monnaie : la masse monétaire augmente, diminuant la part relative de chaque unité monétaire arbitraire. Les économistes parlent d’augmentation de l’offre de monnaie qui vient mécaniquement faire augmenter les prix pour une offre de biens qui ne varie pas, suivant la loi de l’offre et de la demande.

Mais après les années 60, la sémantique du mot « inflation » dérive pour devenir maintenant l’inflation-prix :

https://www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1473 & https://fr.wikipedia.org/wiki/Inflation :

L’ inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix.

https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/inflation/42962:

Situation ou phénomène caractérisé par une hausse généralisée et continue du niveau des prix.

« L’inflation » (inflation-monnaie), qui est une des causes possibles de l’inflation-prix, devient la conséquence, « l’inflation » (inflation-prix) elle-même. (Mais il y en a d’autres : diminution de l’offre de produits/services en vente, augmentation des coûts (pétrole, salaire,…)…)

Le plus gros problème dans tout cela ? L’inflation-prix est une mesure relative, qui dépend de l’observateur, qui choisi certains biens/services et pas d’autres, comparent des biens/services différents, les pondèrent suivant un calcul choisi par lui, avec des pondérations choisi par lui… C’est de cette façon dont est calculé l’inflation-prix aujourd’hui. L’insee appellent des vendeurs selon ses méthodes, pour demander certains prix, sur certains produits/services choisis, les pondèrent suivant la « consommation moyenne du français moyen »… et paf ça fait le calcul de l’inflation :grin: (l’insee calcule l’évolution des prix d’un panier de biens/services appelé indice des prix à la consommation CPI, ce qui n’inclue pas les prix de l’immobilier, des actifs financiers tel que les actions…).

Mais si le prix des cigarettes augmente, un non-consommateur ne remarquera pas que son pouvoir d’achat diminue : l’inflation est bien propre à chaque individu. Egalement, peut-on vraiment comparer l’évolution temporelle des prix d’une série de versions de téléphones ? Et une grande partie de prix sont ignorées, et même inconnues de l’Insee. Son calcul d’inflation n’est qu’un calcul d’inflation parmi tant d’autres.

L’inflation-monnaie, elle, dépend surtout de ce qu’on appelle monnaie. Mais si on conserve une même définition claire entre deux mesures espacées dans le temps (ne compter que la monnaie centrale, ou y inclure les comptes bancaires, les plan-épargne, les assurances-vies etc…), on a une mesure seulement soumise à interprétation, mais qui ne dépend pas de chaque individu : Si la masse monétaire double, elle double pour tout le monde, et la part relative de chaque unité monétaire abstraite est divisée par deux.

La TRM réfute donc ce concept d’inflation qui serait absolue : le calcul d’inflation de l’Insee n’est qu’un calcul d’inflation parmi tant d’autres, et ne peux être un paramètre pertinent pour un objet comptable et commun des échanges, car ceux qui choisissent ce paramètre l’impose aux autres qui ne le choisissent pas.

C’est pourtant actuellement la base même des systèmes monétaires actuels qui préoccupe la majorité des économistes : la recherche d’une monnaie « stable », c’est à dire dont le pouvoir d’achat ne varie pas trop d’une période sur une autre, pouvoir d’achat calculé à partir du calcul de l’inflation (Je le répète, « stable » par rapport à une mesure relative, celle utilisée par la banque centrale).

Et ça ne préoccupe pas que les économistes, mais les utilisateurs d’une monnaie : comment réaliser un calcul économique si le prix de mes entrants et de mes sortants évoluent énormément ? Suis-je en train de travailler à perte, ou fais-je un gain ?

C’est donc une question récurrence : "comment éviter l’inflation en monnaie libre ? :confused: "

Malheureusement, une partie des réponses données (et j’en ai fait partie), retombe dans le piège de la dérive sémantique, c’est à dire confondre inflation-monnaie et inflation-prix, et répondre : "Il n’y a pas d’inflation si on utilise le référentiel DU qui est (sera) une part relative de monnaie :slight_smile: ".

Et la TRM même est dans ce piège, les termes « inflation » utilisés concernant l"inflation-monnaie, comme on le voit ici :

https://trm.creationmonetaire.info/zooms-sur-l-histoire-de-la-monnaie.html :

On avait déjà avec ce type de comptabilité la possibilité d’une inflation monétaire

https://trm.creationmonetaire.info/considerations-generales.html :

L’argument selon lequel l’inflation de la masse monétaire serait contraire à l’éthique, parce qu’elle dévaloriserait ce que possèdent les individus ne tient pas devant l’analyse tant globale que locale.

https://trm.creationmonetaire.info/appendice-1.html :

Puisque le nombre de DU est limité et les prix étant tous transformables en DU, ce simple choix de référentiel fera comprendre immédiatement au profane qu’il n’y aucune source d’inflation possible.

Or, une partie des questions sur l’inflation en monnaie libre concerne bien l’inflation-prix ! On élude tout simplement de répondre en répondant à coté : « comment éviter l’inflation-prix (sous-entendu : de l’Insee) ? pas besoin car il n’y a pas d’inflation-monnaie. »

Ce qui est totalement faux : la masse monétaire des euros a triplé en 20 ans (inflation-monnaie), soit une augmentation de 6%/an en moyenne, alors que l’inflation-prix de l’Insee a toujours été au alentour et en dessous de 2%/an, soit même pas une augmentation de 50% en 20 ans (mais il existe des inflations de X qui sont de 0%/an en moyenne, et des déflations de Y pour ceux qui ont vu leur pouvoir d’achat augmenter (en moyenne) tout les ans ! Et on parle de pouvoir d’achat au sens de valeur : si j’achète tout les ans des vêtements toujours au même prix mais que je trouve de plus en plus confortable, je peux mesurer une augmentation de pouvoir d’achat car j’ai mieux en dépensant la même chose qu’avant !).

Quelle est donc la bonne réponse à donner à quelqu’un qui pose cette question : « comment éviter l’inflation-prix ? » ?

  • ton inflation dépend de son calcul, change le calcul et tu n’aura pas d’inflation ? :stuck_out_tongue:

Je pense que ça aboutira à la question suivante : « d’accord, donc pour réaliser un calcul économique (savoir si une entreprise est rentable par exemple), c’est à moins de calculer si le gain que je dégage vaut bien ce pour quoi je travaille ? »

  • oui :slight_smile:

Amenant à : « Qu’est-ce qui m’assure que ce gain ne va pas disparaître ? Si le prix des choses que je souhaitait augmente, j’aurais bosser pour rien ? »

  • à toi de garantir que ces prix ne fluctueront pas, via des garanties ou un marché à terme par exemple ?

Vous en pensez quoi ? :slight_smile:

Un message a été scindé en un nouveau sujet : Inflation ou déflation en zone euro ? :slight_smile:

Ce qui revient à : A décide de produire une valeur économique quelconque X, et B une valeur économique Y comment éviter que la quantité de X nécessaire pour obtenir Y change ? Car si elle change c’est la catastrophe ! Cela signifie que soit X est « en inflation prix » par rapport à Y, soit que Y est en « inflation prix » par rapport à X.

Vouloir « éviter cela » c’est donc comme vouloir répondre à la question : l’Univers change, bouge, se transforme, alors comment faire pour qu’il ne change pas, ne bouge pas, ne se transforme pas ?

Ou comme vouloir éviter à tout prix (sic !) de créer quoi que ce soit, jamais, le contraire provoquant alors mécaniquement une « inflation prix » infinie mesurée en ce même quoi. Une catastrophe ! Surtout, ne rien faire ! Même respirer devient alors dramatique !

C’est vraiment une question, ou un aveu complet d’ignorance ?

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Ma fin de post n’est peut-être pas claire. Je simule une discussion :

  • Non-relativiste : comment éviter l’inflation-prix ?
  • Relativiste : ton inflation dépend de son calcul, change le calcul et tu n’aura pas d’inflation !
  • Non-relativiste : d’accord, donc pour réaliser un calcul économique (savoir si une entreprise est rentable par exemple), c’est à moins de calculer si le gain que je dégage vaut bien ce pour quoi je travaille ?
  • Relativiste : oui :slight_smile:
  • Non-relativiste : Qu’est-ce qui m’assure que ce gain ne va pas disparaître ? Si le prix des choses que je souhaitait augmente, j’aurais bosser pour rien ?
  • Relativiste : à toi de garantir que ces prix ne fluctueront pas, via des garanties ou un marché à terme par exemple

On est d’accord :slight_smile: Demander « comment éviter l’inflation ? » c’est demander quelles manipulations de marchés sont prévus pour qu’une quantité de monnaie demandés contre un bien/service n’évolue pas trop :stuck_out_tongue:

Ce à quoi je réponds, au final :

  • Relativiste : à toi de garantir que ces prix ne fluctueront pas, via des garanties ou un marché à terme par exemple

Véritable relativiste : aucune assurance ne permettra d’éviter que les taux d’échanges entre deux valeurs économiques quelconques ne fluctuent.

Des hommes peuvent se regrouper pour prétendre assurer qu’une quantité donnée de X soit garantie par eux contre des quantités de Y, mais absolument rien n’assure que ces hommes 1°) vont tenir leur engagement 2°) aient véritablement des Y en quantité qui soient toujours en correspondance avec les X disponibles, 3°) ne meurent pas, leur assurance s’envolant avec eux.

Autrement dit un relativiste véritable a réalisé que ce sont les hommes le fondement de l’économie, laquelle fluctue donc de la même façon non seulement en fonction des changements économiques que ces mêmes hommes poursuivent, mais aussi en même temps que le renouvellement de ces mêmes hommes dans le temps,

Autrement dit un relativiste sait profondément que c’est bien l’ignorance du flux qui est à la racine de l’ignorance des principes économiques véritables.

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Tout à fait, je parle de négocier un prix à l’avance afin de ne pas subir son évolution (marché à terme).

Tout à fait, c’est pour cela que je parle aussi de garanties : Alice et Bob peuvent se mettre d’accord pour qu’Alice achète à Bob sa récolte au prix de x unités monétaires 6 mois plus tard, mais que B prête un actif à Alice pendant ces 6 mois qu’elle pourra conserver si Bob n’honore pas sa promesse de lui vendre une récolte, et même chose pour Alice si elle n’honore pas sa promesse de lui acheter sa récolte. Ou autres choses.

Je cherche des solutions de ce style.

Est-ce que tu penses que ce n’est pas envisageable ? Qu’est-ce qui serait envisageable ? n’échanger des junes qu’à un instant t ? Comment faire un calcul économique ?

Personne ne peut empêcher deux acteurs économiques qu’ils se fassent des promesses.

Quant à généraliser des promesses locales à des propriétés globales, c’est là un pas qu’aucun relativiste sérieux ne peut faire.

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