Compte rendu du jeu Ğéconomicus, à Angers, dimanche 24 mars

Compte rendu du jeu Ğéconomicus à Angers dimanche 24 mars 2019, après midi.

15 joueurs sont venus, dont 1 de Nantes !

(L’annonce du jeu était parue sur le forum, preuve que c’est utile de l’utiliser).

4 personnes (Camille, Pierre, Fanch, et moi) se sont concertées, le dimanche matin, afin d’établir les règles et d’organiser l’animation, de façon à être performants dans le teaming et le déroulement du jeu.

Pari réussi : 2 manches de 1h30 chacune, 8 tours de 4’, et des temps entre 2 tours très brefs.

Avec 4 banquiers, dont 1 cumule banque et tableau mort-naissance et l’autre banque et animation générale, les saisies vont beaucoup plus vite, les joueurs attendent moins, et tout le monde a été satisfait.

Avant le jeu, tous les joueurs, et les animateurs, ont partagé le repas, ce qui nous a permis de faire connaissance.

Voici une partie des explications données aux joueurs :

Ce jeu a été inventé par une femme, Sybille Saint Giron qui l’avait appelé le jeu de « la Corbeille ». (voir sur internet : le jeu de la corbeille)

Il a été modifié et renommé « Ğéconomicus »(le jeu de l’économie) par Stéphane Laborde. S.Laborde a découvert l’équation mathématique qui a permis la mise en application pratique, via le logiciel libre Duniter, de la 1ère monnaie libre, la G1, ou June, qui a démarré le 8 mars 2017.

C’est un jeu de cartes, qui ressemble un peu, au Monopoly : vous achetez et vendez des cartes, au moyen de pièces ou de billets. ( nous utilisons les pièces fabriquées par Stéphane, merci à lui)

Le jeu se déroule en 2 parties, d’environ 1h30 chacune.

Ce jeu simule une économie pendant toute une vie humaine, c’est à dire 80 ans. (80 ans est l’espérance de vie moyenne des humains en occident).

La 1ère partie simule une économie en euros, la 2ème partie, une économie en monnaie libre.

Le jeu se déroule en 8 tours. Chaque tour dure 4’. Chaque tour représente 10 ans de votre vie.

Vous représentez des humains d’âges différents et, au cours du jeu, vous avancez en âge puis vous mourez, puis vous revenez dans le jeu en tant que nouveau-né.

On peut comparer la société humaine à une fontaine d’eau : en regardant la fontaine, on a l’impression que c’est toujours la même fontaine, mais en fait ce ne sont pas les mêmes gouttes d’eau qui la compose.

De la même façon, la société humaine est composée d’humains différents.

Cette notion très importante de flux a été prise en compte par Stéphane Laborde pour déterminer les qualités de la monnaie libre.

80 ans, c’est long. Souvent, les joueurs trouvent le jeu trop long. Mais dites-vous que vous participez à une expérimentation et que vous rendez service à la communauté de la monnaie libre. L’idée est de publier les résultats d’un maximum de jeux Ğéconomicus. Pour que les résultats soient exploitables, il faut suivre les règles qui seront expliquées …et faire des efforts. D’autre part, dans la vie réelle, les effets de la June ne seront visibles que dans 10 ou 20 ans. Aujourd’hui, 1700 personnes sont inscrites, il faudra peut-être attendre que nous soyons 1 Million pour constater ses conséquences sur l’économie et le comportement humain.

Les carrés représentent des valeurs économiques, c’est-à-dire tout ce que l’être humain peut créer. Exemple : vous voulez construire une maison, pour ce faire vous avez déjà 2 murs ; vous devez acheter les 2 autres murs ; une fois les 4 murs réunis = le carré , vous avez créé une maison.

Vous pouvez aussi imaginer que vous créez plein d’autres valeurs économiques : une chanson, un poème, réparer une machine à laver, donner un cours de musique, etc.

Partie en monnaie dette.

Prix des cartes :

carte basse (= faible) (alimentation) : 1 unité

carte moyenne (= intermédiaire)(culture) : 2 unités

carte haute (=supérieure)(énergie) : 4 unités.

Valeur des pièces : toutes les pièces valent 1 unité, quelque soit leur couleur.

Au début du jeu , l’ animateur distribue, à chaque joueur, 4 pièces.

Chaque joueur part donc dans le jeu (la vie), avec un crédit de 4, qu’il devra rembourser à la banque. Le joueur paye 1 unité d’intérêts, à chaque tour, jusqu’au tour où il rembourse le crédit de 4 (+ l’intérêt).

Nous ne sommes pas toujours conscients que, même si nous-mêmes, nous n’avons jamais rien emprunté, nous n’avons de la monnaie que parce que quelqu’un d’autre, ou l’état, a emprunté à un moment donné. L’état emprunte pour payer une partie des salaires des fonctionnaires. On croît que nos impôts servent à payer les fonctionnaires, les routes, etc, mais c’est faux, du moins, en partie.

Certains d’entre vous vont préférer ne pas emprunter dans le jeu, parce que qu’ils n’empruntent pas dans leur vraie vie, mais on ne vous demande pas de reproduire ce que vous faîtes dans votre vraie vie, on vous demande de reproduire dans le jeu ce qu’il se passe dans la société actuelle.

D’où vient ce fichu argent ? 95 % de la monnaie vient des emprunts : sans emprunt, pas d’argent. Donc, allez-y, n’hésitez pas, empruntez, imaginez que vous êtes l’état, n’oubliez pas qu’1 tour équivaut à 10 ans de votre vie, et qu’il vous faut absolument de l’argent, n’oubliez pas non plus que vous rendez service à la communauté de la monnaie libre, en permettant au jeu d’avoir toute sa pertinence.

Voici les joueurs:

Quand le joueur n’a plus de monnaie, la banque saisit tout ou partie de ses biens : elle prend, en cartes, le double de ce qu’il doit en pièces, + 1 unité = 1 carte basse, pour les frais bancaires.

2 joueurs meurent à chaque tour (sauf Florise qui ne meure pas, car elle a démarré le jeu en tant que nouveau-né).

A leurs morts (et à la fin de la partie), les joueurs passent d’abord à la banque régler leurs dettes, puis vont voir l’animateur du tableau mort-naissance, lequel note ce qui leur reste, dans les colonnes adéquates.

4 joueurs n’ont pas pu payer la banque. Nous avons laissé leurs résultats en négatif sur le 1er tableau. Comme chaque joueur représente des tranches d’humains d’âges différents, on peut en déduire qu’une partie de la population « est à la rue », « a tout perdu », et doit vivre de charité, de vol, de troc ou réinventer une autre monnaie d’échange, comme les grecs, ou les américains, après la crise des « subprimes ».

Dans le 2ème tableau, nous avons mis un solde=à 0 aux joueurs, et diminué le score de la banque, de la différence. Mais, dans la vie réelle, en cas de crise bancaire, c’est la population qui renfloue la banque.

Dans le tableau 3, Jean F. a corrigé les échelles, merci à lui.

L’écart type a disparu du diagramme, mais 211% (ou 294%, avec la banque) est suffisamment parlant, surtout quand on compare avec les résultats en monnaie libre (29%).

Plus la valeur de l’écart type est haute, plus les écarts entre les plus riches et les plus pauvres est important.

Les rectangles bleus représentent les quantités de valeurs produites par chaque joueur . La moyenne de ces valeurs est de 5 (de 20 pour le meilleur joueur, Jean Luc). Quant à la banque, elle dépasse 200.

Les animateurs (Fanch, Pierre et moi, Camille prend la photo):

Monnaie libre.

Dans le système monétaire actuel euro, les bénévoles des associations, les personnes qui restent à la maison pour s’occuper de leurs enfants, les artistes qui mettent parfois de nombreuses années à « produire », les étudiants,… ne sont pas reconnus comme créateurs de valeurs.

Avec la ML, c’est l’inverse, et chacun est co-créateur de la monnaie, sous forme d’un Dividende Universel, ou DU.

Dans le jeu, tout est affiché en DU, les cartes et les pièces .

Dans cette 2ème partie, nous allons ajouter un paramètre dont nous n’avons pas tenu compte dans la 1ère partie, à savoir que la valeur de la monnaie varie au cours du temps . En effet le prix d’un ordinateur aujourd’hui est différent du prix d’un ordinateur il y a 10 ans , et de plus, l’ordinateur n’est pas le même.

Nous allons donc donner des valeurs différentes aux pièces, en fonction de leurs couleurs, et nous changerons ces valeurs tous les 8 ans.

----les valeurs des cartes :

carte alimentation = 3 DU (valeur basse)

carte culture =6 DU (…moyenne)

carte énergie = 12 DU (…haute)

------les valeurs des pièces au 1 tour :

pièces rouges : 0,5 DU ( valeur basse )

pièces jaunes : 1 DU (…moyenne )

pièces vertes : 2 DU (…haute )

( pièces bleus : 4 DU, en attente )

Au début du 1er tour , nous distribuons les DU,

7DU par joueur, soit

2 pièces de chaque couleur en jeu :

2 rouges (1DU) + 2 jaunes (2DU) + 2 vertes (4DU) =7DU.

Vous avez tous un pouvoir d’achat de 7DU (pour 8 ans),

dans 8 ans, vous aurez 7 nouveaux DU.

Dans la monnaie réelle, la June, les personnes inscrites, créent tous les jours 1 DU.

A la fin du 1er tour, l’animateur distribue 2 pièces bleus à chaque joueur = 8 DU,

chaque joueur rend 2 pièces rouges = 1 DU ou 1 pièce jaune = 1DU,

le joueur a alors bien son nouveau DU, soit 7 DU,

s’il reste des pièces rouges chez certains joueurs, l’animateur échange 1 jaune contre 2 rouges (pour faire disparaître tous les rouges),

s’il reste une pièce rouge à un joueur, il la perd .

(en conservant les valeurs « d’origine » des pièces, quand le joueur perd 1 pièce rouge, il ne perd que 0,5DU).

On rend ainsi 2 unités de couleur basse pour récupérer 2 pièces de la couleur en attente qui vaut 8, c’est donc équivalent à injecter 7 unités nouvelles dans l’économie. Comme il y a déjà 7 unités présentes, on double ainsi la masse monétaire à chaque tour. Comme on décale les couleurs vers la gauche, on divise in-fine par deux la valeur de chaque pièce et donc on revient bien sur la même masse monétaire. En relatif la masse monétaire ne bouge donc pas du tout malgré les apparences quantitatives.

Puis l’animateur fait tourner les pièces :

la rouge passe « en attente »,

la jaune devient « valeur basse »,

la verte … « valeur moyenne »,

la bleu … « valeur haute ».

Les morts sont aussi appelés à la fin de chaque tour, remettent leurs cartes et leurs pièces dans le jeu.

Les nouveaux-nés reçoivent le nouveau DU, soit 2 pièces (= 8 DU) de valeur en attente , et piochent 4 cartes de valeur basse.

(dire aux joueurs de distribuer eux-mêmes les DU et de faire tourner les valeurs des pièces, à partir du 5ème tour environ, pas besoin de chef, c’est souhaitable que les joueurs s’en rendent compte.)

nombre de jeux de cartes :

pour 10 joueurs : 4 jeux , soit 13 carrés ( jeu « révolution »)

( ou de 52 cartes, cartes de 1 à roi pour un jeu classique )

( pour N joueurs , on doit ajouter 5/4 x N carrés , soit 1,25 x N

pour 11 joueurs …1,25 x 11 = 13,75 = 14 carrés

pour 12 joueurs : 2 carrés supplémentaires

pour 13 joueurs : 3…etc

pour 20 joueurs : 12 ( on arrondit à 1 jeu supplémentaire)

Merci à Pierre, François et Camille pour leur accueil,

merci aux joueurs, qui ont bien joué le jeu,

merci à Karine, la gérante du Bistrot des Citoyens du Monde (BCM), qui nous a prêté la salle.

Visite du bistrot : https://bistrotbcm.wixsite.com/bistrot

Les tableaux:

tableau-1-Angers.ods (41,7 Ko)

tableau-2-Angers-banque-corrigée.ods (55,4 Ko)

tableau-3-Angers-échelles-corrigées-par-Jean-F.ods (55,3 Ko)

compte rendu sous format LibreOffice Writer:

CR-Jeu-Angers-dimanche-24-03-2019.odt (625,1 Ko)

Si des personnes, parmi vous, peuvent améliorer les graphiques (écart type non représenté, par exemple), ce serait super sympa.

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